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î f DE MAGLAND. IV. MARIE DE MAGLAND A MADAME O'KENNELLY, A HÃERES. Je ne sais jusqu'à quel point mes lettres vous intéressent, ma chère Sara, mais je me suis fait une si douce habitude de vous ouvrir mon cÅ“ur, qu'il m'en coûterait de renoncer à un plaisir dont je retire à la fois le bénéfice d'une confession, et le charme d'une con- fidence ; plus que jamais j'ai besoin d'avoir recours aux conso- lations de votre sage amitié, car mon chagrin est de nature à ne pouvoir être confié à Raoul, puisqu'il est causé par sa mère. Mal- gré tous les soins que j'apporte à ne point blesser trop rudement les préjugés de Mme de la Rochemarqué, je vois tous les jours augmenter ses préventions contre moi; elles se manifestent parfois d'une manière si désobligeante, que je suis toute prête à m'en of- fenser quand je cesse de m'en affliger. Si elle avait découvert en moi quelques défauts essentiels du cÅ“ur ou de l'esprit, que l'in- dulgence de tout ce qui m'entoure m'aurait caché jusqu'ici, j'ap- porterais à m'en corriger tout le courage que m'inspire le desir d'être aimée de la mère de Raoul, mais quand je vois que toutes mes paroles, toutes mes actions sont jugées et condamnées d'a- (i) Voir les livraisons 126-127, tom. XXI, p. 513, tom. XXII, p. 55, .