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140 DE LA LONGÉVITÉ du pied ne peuvent se guérir de la podagre (1). Stahl a égale- ment observé, que les sujets très sensibles parviennent rare- ment à une longne vie. Aussi, allons-nous voir bientôt que la ténacité de la vie, est le privilège de ces hommes d'élite qui, ayant trempé, de bonne heure, leurs âmes, soit dans une phi- losophie saine et pratique, soit dans une éducation fortement chrétienne, peuvent sentir vivement, mais, réagissant sur les infortunes de ce monde, se rendent indépendants des coups du sort, par une fermeté de caractère, fondée sur une juste appréciation des hommes et des choses. Avec ces conditions, la longévité peut s'associer aux grands travaux de l'esprit. Numa, Solon, Sophocle, Xénophon atteignirent la centième année : Tel Sophocle, à cent ans, charmait encore Athènes ! Tel bouillonnait encor son vieux sang dans ses veines ! On serait porté à penser, d'après les exemples suivants, que la vie philosophique prolonge souvent la durée de l'existence. Platon, Protagoras, d'Abdère, Diogène le Cynique, Caton l'Ancien moururent octogénaires; Démocrile , Xénophon, Zenon Cilien vécurent plus de cent ans. Mais passons à des exemples plus modernes. Nicolas Léonicenus, véritable restaurateur de la médecine hippocratique, et celui de tous les médecins qui, au XVIe siè- cle, contribua le plus à renverser le despotisme des Arabes, enseigna la médecine à Padoue, à Ferrare, jusqu'à l'âge de quatre-vingt-seize ans. Pendant cette longue carrière, il jouit d'une santé parfaite avec toute la vigueur de son esprit, avan- tages qu'il devait à sa modération et à la régularité de ses mœurs. Quelqu'un lui demandait un jour la raison de la santé dont il avait toujours joui, il répondit : l'innocence de la vie m'a, jusqu'à présent, conservé les forces de l'ame, et la lem- (i) Id. il)., p. 3o3.