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                       ET DE SES CONDITIONS.                            135

el autres ouvriers dont le travail s'exerce sur des matières
propres, qui ne font pas de poussière, et qui exigent un exer-
cice modéré, sont ceux qui vivent le plus longtemps (1). On
a observé aussi que les soldats d'infanterie, qui ont survécu
aux fatigues et aux dangers de la guerre, sont ordinaire-
ment remarquables par le grand âge auquel ils parviennent,
et par leur constitution forte et vigoureuse (2). Les recher-
ches plus récentes de M. Blach, membre du collège des
médecins de Londres, ont prouvé que la moyenne des âges
de 100 fileurs n'est que de 26 ans 17(100, tandis que celle
des soldats est de 32 ans 67il00. La régularité à laquelle
ces derniers ont dû s'accoutumer, l'habitude de se tenir droit
et de marcher de même, doivent entrer pour beaucoup dans
ce résultat. Les beaux travaux statistiques de M. Villermé ont
prouvé que les différences de mortalité, dans les différents
quartiers de Paris dépendaient peut-être moins de l'air, du
sol, de l'eau et de l'habitation que de l'aisance unie au tra-
vail ; et qu'il y a plus de mortalité dans les villes peuplées
par les riches sans occupations que dans celles où règne une
industrie qui amène le bien-être à sa suite (3). 11 est évident
que, pour parvenir à un tel résultat, il ne faut pas que le tra-
vail soit de nature à briser le courage : la vie se trouve alors
prodigieusement abrégée, comme chez le nègre, surmené â
la manière d'une bête de somme. La mortalité des hommes
de couleur des colonies anglaises par rapport à celle des
nègres qui servent dans l'armée de la même nation, et qui,

   (i) Stahl a reconnu cette vérité, en disant de ceux qui ont endurci leur
constitution, par des labeurs modérés : Imo est et eo etiam hoc peculiariter
notatu dignum quod juslis laboribus, et operosœ vitae ratione homines velul
magis durato corpore, ad ipsam usque senectutem etiam seram subinde, et ata-
criores sint et firmiores. Thior. mid. ver., p. 246.— Halœ, 1737.
  (2) Fodéré. Mid. légale, t. I, p. 178,
  (3) Mémoires de l'Académie royale de Médecine, t. I, p. 5i et suiv.