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130 DE LA LONGÉVITÉ geusement un grand nombre de montagnards et d'insulaires de l'Ecosse. Mais, de nos jours, quel prodigieux changement s'est opéré dans cette Ecosse si longtemps fameuse par la beauté et par la vigueur de sa population ! elle offre aujour- d'hui, comme nous allons le voir dans un instant, un frap- pant exemple de ce que deviennent les races les plus géné- reuses sous l'empire de la misère. Selon lord Bacon, il y a deux causes générales de la mort; la première c'est l'esprit qui, semblable à une flamme légère, mine et détruit le corps; la seconde, c'est l'air qui le sèche et qui l'épuisé (1). Celle dernière proposition, prise dans le sens que lui donne l'illustre chancelier, n'est qu'une méta- phore; mais, si par là , on veut insister sur l'influence de l'aération sur la prolongation de la vie, cela devient une vé- rité capitale. L'étonnante révolution subie par notre globe dans les temps primitifs a exercé une grande influence sur la dimi- nution de la durée de la vie humaine. Depuis le déluge, suivant la remarque d'un savant physicien, de grands chan- gements dans tout l'ensemble de la surface du globe, une demeure nouvelle donnée aux hommes, peuvent avoir, par une multitude de causes, abrégé leur vie. Nous trouvons, d'ailleurs, des traces de ce fail dans des phénomènes analo- gues. On voit manifestement qu'il y a eu de grands change- ments dans plusieurs espèces d'animaux terrestres et marins, même dans les végétaux, et que plusieurs des espèces con- nues n'atteignent plus la grandeur qu'avaient, avant le dé- luge, leurs analogues que nous trouvons parmi les fossiles. (t) Hist. vit. et mort, in-12, p. 2o3. — Causa periodi est, quod spiritus instar flamma lenis perpetuo depredatorius, et cum hoc conspirons aer ex- ternus qui etiam corpora fugit et arefecit officium eorporis, et organa perdat et inhabilia reddat ad manus réparationis.