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KT DE SES CONDITIONS. 131 Or, cette altération, dans la grandeur de la taille, est fort, liée ayec l'altération dans la durée de la vie (1). On ne peut nier que l'existence des grandes réunions d'hommes, qui a créé d'immenses cités aux dépens de l'agri- culture et de la population des campagnes, contribue beau- coup à affaiblir les tempéraments et à multiplier les maladies chroniques : l'atmosphère des grandes villes instille un poison lent dans le sang des populations. Il se fait, depuis le com- mencement du siècle, une émigration permanente et qui va croissant, des campagnes vers les villes, ainsi que vers les districts manufacturiers. Attirés par l'appât d'un salaire plus élevé, les fils du paysan quittent la charrue et accourent en foule dans les ateliers de filature, de tissage ou de machines, vastes congrégations industrielles, mues et pour ainsi dire animées par la vapeur. Le flot des populations urbaines, montant sans cesse, ne laissera bientôt plus de place pour les habitants dans les maisons, et pour les maisons dans les rues. C'est là une immense calamité. De tous les habitants d'un pays, un quart demeure ordinairement dans les villes, et les trois autres quarts dans les campagnes. Dans celles-ci, il en meurt 1 sur 40; dans les petites villes, 1 sur 32; dans les villes moyennes, 1 sur 28 ; dans les plus grandes villes, 1 sur 21 à 25 (1). Des calculs plus récents portent le chiffre de la mortalité à 1 sur 39, dans toute la France, et à 1 sur 36 dans la population des villes. La mortalité se mesure partout à la densité des agglomérations. Elle est annuellement, en Angle- terre, de 1 habitant sur 54 91/100, dans les districts ruraux; et de 1 sur 38 16/100, dans les districts urbains. A Londres, on compte un décès sur 37 38/100 ; à Birmingham, 1 sur 36 79[100; à Bristol, 1 sur 32 38il00; à Manchester, 1 sur (i) Deluc. —Lettres sur l'Histoire delà terre, lett. 147. (a) Tourtelle. Traite d'Hygiène, l. I, p. I 3 I .