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ET DE SES CONDITIONS. 129 î'âge de 140 ans, comptait quatre générations marquées par des vies de 112, 113 et 124 années. Dans ces familles privilégiées on remarque toujours une grande sobriété qui constitue le régime physiologique, et les vertus qui établissent le régime moral. Etudions maintenant le rôle que jouent l'une et l'autre de ces deux choses par rapport à la durée de la vie. 1° INFLUENCE DES MODIFICATEURS PHYSIQUES SUR LA LON- GUEUR DE LA VIE, OU RÉGIME PHYSIOLOGIQUE. En général, tout ce qui violente la nature, tout ce qui a pour résultat d'enfreindre la régularité de sa marche et l'har- monie de ses lois, épuise les sources de la vitalité. C'est pour cela que les enfants venus avant terme vivent souvent moins que ceux qui sont sortis après neuf mois révolus ou môme plus. Ceux dont l'accroissement est long et gradué sont aussi plus vivaces que ceux qui se développent tout à coup. L'hy- giène doit s'élever avec force contre ces systèmes d'éduca^- tion trop précoce, vantés par certains rhéteurs à l'imitation de Quintilien (1). Ce grand homme qui, sur tant d'autres parties de l'éducation, a fourni de si sages et de si belles pensées, de si féconds aperçus, voulait que, dès l'âge de trois ans, on institua l'éducation intellectuelle et morale : rien n'est plus propre à faire dégénérer les tempéraments. Hufeland attribue la haute taille et la force des anciens Germains au soin qu'on prenait de prolonger leur enfance par une éduca- tion lente et graduelle. Sinclair pense que c'est probablement à la môme cause qu'étaient dues, jusqu'à un certain point, la bonne santé et la longue vie qui distinguaient si avanla- !j) Instit. or., lib. I, cap. r, p. 17. 9