page suivante »
128 DE LA LONGÉVITÉ De même que plusieurs maladies sont héréditaires, la lon- gueur de la vie l'est aussi dans diverses races. La condition première pour vivre longuement se trouve dans la possession d'un corps qui nous soit fourni par un père et une mère sains; d'un organisme qui nous mette à l'abri de la gontte, de la phthisie, de l'apoplexie et de tant d'autres fléaux qui déci- ment les générations. Il faudrait être bien aveugle, après cela, pour ne pas attacher une grande importance au main- tien de la pureté des mœurs dans la famille; le don de la vieillesse n'est pas commun, mais dit un physiologiste, il dé- pend peut-être de parents sains et bien conformés, d'ail- leurs, de l'attribuer à leurs enfants. Que les mariages ne soient ni trop précoces, ni trop tardifs ; que l'homme n'ap- porte point à la couche nuptiale les cendres éteintes d'un amour trop prodigué ; qu'une mère, se consacrant unique- ment aux douces occupations de sa famille, ne trouble point le travail de sa grossesse par de vains plaisirs ; qu'en allaitant son Gis de son propre sein, elle n'altère son lait ni par des passions trop impétueuses, ni par un régime trop excitant (1). Les vices du père, dans sa jeunesse, creusent les tombes de ses arrière-neveux , qui y descendent prématurément. « Je suis, dit le Très-Haut, le Dieu fort et jaloux, qui venge l'i- niquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et qua- trième génération dans tous ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde dans la suite de mille générations, à ceux qui maintiennent et qui gardent mes préceptes (2). D'après une masse imposante de faits, on ne peut douter qu'il n'y ait des familles chez lesquelles la longévité ne soit presque générale pour les membres qui les composent ; celle du fameux Tho- mas Pare, paysan anglais, qui fut présenté à Charles II à [i) "Virey, art. Longévité. Dictionnaire des Sciences médicales. (2) Exode. Cap. XX, 5 et 6. - * •