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                  ÉTATS-GÉNÉRAUX DE 1588.                   435
 veau, persistèrent dans leur résolution. Henri III, pressé de
 s'expliquer, se borna à promettre « qu'il pourvoirait son royau-
 me de telle sorte, qu'il ne serait jamais gouverné par un roi
hérétique » et il invita l'archevêque d'Embrun à communi-
quer celte déclaration aux chambres. Quelques députés pro-
posèrent d'exclure de la couronne tous ceux qui avaient
été hérétiques depuis l'âge de quatorze ans, et ceux qui d e -
puis 1585 avaient fait acte d'attachement à la nouvelle re-
 ligion. Mais cette proposition ne fut point accueillie. Tout
en faisant mine de préparer l'édit sollicité par les États, le
roi travaillait habilement à obtenir de Rome, par l'entremise
du légat Morosini, l'absolution du prince de Conti et du comte
de Soissons qui, à l'exemple du roi de Navarre, avaient, de-
puis la Sainf-BarthéJemy, embrassé la communion réformée,*
et s'étaient soumis ensuite à l'autorité royale. Ces démarches
furent couronnées de succès, et l'absolution pontificale, en
préparant ultérieurement à Henri de Bourbon les voies au
trône, contribua puissamment à traverser les entreprises et
les projets du duc de Guise.
   L'invasion du marquisat de Saluées par le duc de Savoie,
qui eut lieu à cette époque, augmenta le désordre et l'irri-
tation des esprits. Ce prince lui donna pour prétexte la
crainte que Lesdiguières ne s'en emparât pour le compte des
Huguenots. Les ennemis du roi prétendirent que cette inva-
vasion était concertée avec lui pour éviter de faire la guerre
aux calvinistes, ef ceux du duc de Guise soutinrent, au
contraire, que le duc de Savoie était d'accord avec ce prince.
En homme habile, Guise vint lui-même supplier le roi de
déclarer la guerre à la Savoie, et de charger son frère, le
duc de Mayenne, de la conduite des opérations ; mais il eut
soin de faire rassurer secrètement Charles-Emmanuel (1),


  (i) De Thon, liv. XCH.