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360 LE MONASTÈRE En 1636, un monastère de Bénédictines, à Deux Rieux, sur la paroisse de Châlillon d'Azergue, obtint l'autorisation de se réunir au couvent de l'Antiquaille. Il ne comptait plus que quatre Religieuses, qui, n'ayant pas de quoi vivre, pas- sèrent à Lyon avec ce qu'il leur restait de biens. Sur la fin de 1658, Anne d'Autriche passa six semaines à Lyon, et alla, avec Louis XIV, visiter le monastère de l'An- tiquaille. Le roi y fit recueillir, en 1660, beaucoup d'inscrip- tions romaines qui, en 1695, se lisaient encore sur les murs du couvent. Il chargea de ce travail archéologique l'abbé le Camus, qui fut depuis cardinal et évoque de Grenoble. Une de ces pierres taisait mention d'une fille de l'empereur Claude, morte dans ce même lieu. Louis XIV visitait tout avec sa Cour, le chapeau toujours h la main : « Voici une belle pri- son, » disait-il. On découvrit dans une balme, du côté de la ville, une grande salle pavée de carreaux de toute sorte de couleur, lesquels étaient luisants, agréables et larges comme des sous, dit la Religieuse qui a écrit l'histoire de la fondation du mo- nastère. Quand Louis XIV vint à Lyon, il voulait épouser Margue- rite de Savoie. On fit de nombreuses réjouissances; il y eut de ces ballets que Louis XIV aimait tant ; il y dansa a per- dre haleine, tout pimpant sous un beau justaucorps de pail- lettes brodées sur un fond d'argent. On joua un intermède de Molière. Pendant ces réjouissances de la Cour, Mazarin et dom Antonio Pimanlel arrêtèrent les grandes questions de paix. Le Couvent de l'Antiquaille vit mourir fort jeune encore, mais riche de vertus , une religieuse qui sortait d'une des plus anciennes et des plus nobles familles de Lyon, la Mère Marie-Aimée de Bullioud. Son père, François de Bullioud, était gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, seigneur