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290                    CHEMIN DE FER

Havre, ne suffisent pas seuls pour conserver à la France le mo-
nopole du transit. Une ligne rivale, celle d'Anvers à Trieste,
fait tous ses efforts pour attirer sur le sol allemand celte riche
branche de commerce, et cherche à suppléer par les ressour-
ces de l'art aux désavantages relatifs que la nature lui a impo-
sés. Déjà ces efforts obtiennent succès. Trieste, il y a qua-
tre-vingts années, recevait à peine quelques chétives barques ;
en 1827 , ce port a reçu 2,906 navires ; en 1832 , ce nombre
s'élevait à 4,338. Ce mouvement a dû s'augmenter beaucoup
depuis cette époque, si l'on en juge par le développement des
affaires commerciales de Trieste avec l'étranger, développe-
ment qui, dans la seule année 1839 , s'est accru de plus d'un
cinquième comparativement avec l'année 1838. La citation
 suivante , extraite du remarquable ouvrage de M. Jules Jul-
liany sur le commerce de Marseille, complétera la démonstra-
tion du danger que la concurrence de Trieste peut causer au
commerce de transit exploité par la France.
    « La France, dit cet auteur, devrait être pour le com-
merce de l'Angleterre, de la Hollande et de l'Allemagne occi-
dentale, le grand chemin de l'Espagne, de l'Italie, de l'O-
rient , de Constanlinople , d'Alexandrie et de Smyrne. Cela
devrait et pourrait être ; cela n'est pas.
    « II en est de même pour le transit de Marseille au nord.
La France pourrait approvisionner en denrées d'où Ire-mer
la Suisse et l'Allemagne. Le Rhône et le Rhin, adossés l'un à
 l'autre, coulant en ligne droite l'un au midi l'autre au nord,
 unis déjà par un canal, bientôt reliés par un chemin de fer,
 représentent dans le continent une grande tranchée le long de
 laquelle devrait s'opérer un transit immense. Cependant le
 transit par cette ligne unique et toute française reste stalion-
 naire ; c'est celui de nos rivaux qui grandit. Des 60,000 balles
 de coton que reçoit annuellement la Suisse, 20,000 s'y ren-
 dent par Trieste, parce que, dans l'état actuel de nos voies de