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BIBLIOGRAPHIE. 2^9 autres éditeurs avaient estimées vaines, frivoles, inutiles, indignes du burin de l'histoire, comme on disait au X^III*' siècle. André de la "Vigne est cepen- dant meilleur poète en prose qu'il ne le fut jamais eu vers. Il ne voit rien en llalic qu'il ne le décrive ou qu'il ne le peigne, les costumes guerriers, les ar- mes, les instruments de musique, les engins d'artillerie, les fêtes, les proces- sions, les entrées solennelles, les belles messes, les gracieuses danses, les re- présentations de mystères, etc., etc. Si l'on doutait encore d'un fait dernièrement reconnu par M . Louis Paris, dans son ouvrage sur les tapisseries de la ville de Rbeims, c'est-à -dire du lien qui existe entre le sujet des peintures sur toile et la mise eu scène des mys- tères ; il faudrait lire ce que dit notre auteur à l'occasion de l'entrée du roi dans la ville de Quiers : « Tout estoit tendu de tapisserie, et autres dras de soye, de layne et linge ; a grant nombre de mystères sur eschaufaulx : et en especial fut l'histoire de la -victoire du roy Clovis et le changement des trois erapaulx à trois fleurs de lis. > La tapisserie de ce mystère existe encore » aujourd'hui dans la cathédrale de Rheims. Comme la première partie de la publication de M. Gonon est entièrement inédite, on nous permettra d'en citer encore quelques lignes, relatives au fameux Campo Sancto de Pise. C'est le premier effet de l'impression causée par cet admirable monument sur l'i- magination française : « En cette ville antique a une très belle église et ung des beaulx cimetières qui soit au monde , long et carre, tout couvert de riches peintures, c'est à seavoir depuis la création du monde, du Yiel Tes tament et du Nouveau, de l'incarnation du Fils de Dieu jusques à sa mort, et de Noslre-Dame et d'autres histoires et Vies des Saints, et ne furent jamais les painctures faites pour trente mille ducats. Et toute la terre, estant audicl cime- tière, a ete apportée de Hierusalem, et auprès de la croix où fut crucifié Jésus-Crist, par le commandement de l'empereur Constantin. » Les notes de M . Gonon et ses rapprochements historiques annoncent un bon et ju- dicieux esprit, il nous est seulement permis de regretter qu'il a pris en dé- dain non seulement les préfaces, mais encore la ponctuation, l'accentuation et tous ces procédés modernes de la typographie, inventés dans un but assez excusable , celui de rendre la lecture et l'intelligence de la lecture plus facile et pour ainsi dire plus palpable. Son respect pour la lettre ma- nuscrite ne l'a-t-il pas entraîné trop loin dans certains endroits qui sem- blaient révéler la distraction ou la bévue du copiste? Ainsi, page S : au lieu de Pierre de Bellefrontière, ne faut-il pas entendre Bellefourrière, nom bien autrement c o n n u ; page n , au lieu d'Audrivin Llrcoi, je crains bien qu'on ne dut lire Andrivin ; page i 4 , au lieu d'Avancourt eu Bretagne, j'aimerais mieux Avangourt ; page 20, au lieu de la Prevosté dorée, ne faudrait-il pas