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DE LA PHRÉN0L0G1E. 79 dans de certaines conformations causales, que nous verrons, tout-à -1'he.ure, également rejetées par l'anatomie et surtout par la physiologie. A cela Gall a substitué ses sens ou aptitudes isolées et con- tingentes, et leur a donné à chacune pour attribut, ce qui aux yeux de l'ancienne ontologie s'était jusques-là appelé les facultés de l'ame, à savoir : la perception, la mémoire, le jugement, etc Chaque penchant ou aptitude a dû for- mer d'après lui un être distinct, el doué d'une intelligence particulière complète. Ce sont bien là les petites entités de Descartes; Gall n'aurait-il pas lieu de craindre l'épilhèle que ce grand homme inflige à leur inventeur? Ainsi la question a été retournée par Gall, et son grand mérite est d'avoir supprimé dans l'homme, le maître, le chef, puis de l'avoir multiplié pour en faire l'esclave des penchants de l'organisation contingente. En termes clairs, on appellerait cela la dégradation de l'esprit et sa sujétion à la matière. Mais, sans aller à cette extrême conclusion dès à présent, n'est-il pas permis de demander si c'est là vraiment et sé- rieusement avoir simplifié la question et fait une substitu- tion heureuse de doctrine. Toutefois, si cette prétention est singulière, combien l'est encore davantage celle de maintenir les conséquences rigou- reuses de la philosophie ordinaire qu'il renverse. Ainsi, il veut, et il est forcé de le vouloir, que ses petites entités morales ou intellectuelles soient contingentes, soient dis- tinctes et isolées, soient invincibles, et il prononce les mots de conscience, d'ame, de liberté. Que seront donc cepen- dant les devoirs de l'homme, la morale, si les actes de l'homme dépendent de son organisation? L'homme ne pourra évidemment pas plus en répondre que de celte dernière elle-même. Allons, soyez donc franc, pensez haut; écrivez plutôt un livre sur le fatalisme organique, vous serez alors