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                    M. GUY-MARIE DEPLACE.                  211

leurs de consacrer la mémoire d'un homme qui ne cessa de
s'attacher invariablement au catholicisme et aux saints de-
voirs qu'il prescrit. Nous ne savons ce que la Providence
nous réserve, mais il nous semble que nous allons vers des
temps où la dignité de caractère, la constance dans les opi-
nions sages et vraies, l'estime des fonctions simples et vul-
gaires, réhaussées toutefois par la noblesse d'ame et le dé-
sintéressement, le respect des aïeux et des traditions antiques
s'effaceront de plus en plus pour ne laisser de place qu'à
l'égoïsme, à l'intrigue, à l'amour de l'éclat et du bruit, au
goût des théories vides et sonores, au culte de la matière
et de l'argent. N'est-il donc pas nécessaire de saluer d'un
adieu de regret ces dignes représentants des vertus sincères,
et de rappeler aux générations présentes des hommes qui ne
songèrent qu'à se mellre d'accord avec leur conscience, sans
trop s'inquiéter des bruits du dehors, ni des jugements hu-
mains ?
   M. Guy-Marie Déplace, que la mort a enlevé le 16 juillet
dernier, à Lyon, naquit à Roanne le 20 juillet 1772, et était
le premier né d'une famille patriarchale du Forez, dans la-
quelle il fut suivi de vingt-trois enfants. Le jeune Déplace
acheva de très bonne heure, au collège de sa ville natale,
d'excellentes éludes, et, à la fin de son cours de philosophie,
dans une de ces épreuves sérieuses, solennelles qui se fai-
saient en présence et avec la participation des hommes les
plus instruits d'une cité, il déploya une étonnante souplesse
de logique, une rare force de raisonnement. La Révolution
française le saisit au sortir de ses éludes. Poussé, à dix-huit
ans, sur la frontière en armes, il advint que, pendarft qu'il
risquait sa vie pour la patrie, la prison, vestibule de l'é-
chafaud, se fermait sur son digne père et sur le respectable
citoyen qui devait plus tard l'accepter pour son geVioVe,
M. Tamisior, lieutenant-criminel au baillage de Roanne.