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481 Pourtant, M. le docteur, le grand NEWTON fumait! Hob- bes fumait, lordByron fumait, ainsi que le fameux Frédéric. Looke a fait l'éloge de la pipe. Georges Sand fume; M. de La- martine, que vous citez, offre des cigares à ses convives; poè- tes, peintres, historiens, professeurs et soldats, tout le monde fume aujourd'hui, et jamais l'art ne s'est élevé plus haut en France, non, pas même sous le règne de Louis XIV, qui crai- gnait la fumée du tabac. Vous voyez donc bien que nous n'avons pas à craindre que le tabac soit pour l'Occident « ce que l'opium est à l'Orient, le poison defintelligence(P). » Pour l'Orient, « voyez, dites-vous, ces peuples jadis si bril- lants de force, de beauté et de génie; où sont les descendants d'Homère, d'Hippocrate, de Démosthènes et de Léonidas? L'abus de l'opium et môme de la nicotiane a tout paralysé, tout empoisonné. Il n'y a plus que des souvenirs et des ruines au milieu desquelles est venu s'asseoir le despotisme avec son sceptre de fer. » Je n'accepte pas votre conclusion, M. le docteur. Homère, Hippocrate, Démosthènes et Léonidas, vivaient de 1,300 à 300 ans avant J.C.; leurs descendants, qui sont Grecs, plutôt que Turcs ( car ceux-ci sont en général des étrangers- à la Grèce, et par conséquent des barbares d'autrefois ), leurs descendants, dis-je, ne prennent que peu ou point d'opium, et ils ne peuvent s'être adonnés au tabac avant l'introduction de celle plante qui date chez eux de 1570. D'un autre côté, ils n'existaient plus, comme corps de nation, 100 ans avant J. C., et depuis (P) Vous me citez quelques hommes distingués qui fument, mais vous ne me prouvez pas qu'ils abusent. Je pourrais en nommer dos milliers qui ne fument pas. Ceci me rappelle un avocat et un médecin de l'ancien temps qui ne citaient jamais que leurs succès, et ils n'é- taient pas nombreux. G, M. Si