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gagemenls et d'enfreindre tous les principes reconnus de droit
politique et international lorsqu'elle a pu trouver dans de tels
actes le moindre intérêt.
   Une alliance avec l'Angleterre serait donc inévitablement
un marché de fripon à dupe. Un tel pacte aurait pour but et
probablement pour résultat d'inspirer une fausse sécurité et
une funeste inertie à la France pendant que, au détriment de
sa trop confiante rivale, l'Angleterre traiterait à son aise et
dans son intérêt exclusif avec la Piussie.
   Userait, d'ailleurs, difficile qu'un traité d'alliance entre l'An-
gleterre et la France put offrir à cette dernière des avantages
capables de satisfaire aux justes exigences de ses intérêts.
   Pour prix de cette tutelle de la Syrie et de l'Egypte, objet
constant de son ambition calculée, ce ne serait pas assez
que l'Angleterre consentît à ce que la France reprît ses limites
naturelles sur les Alpes et sur le Rhin, ce ne serait pas assez
qu'elle cédât à la France Jersey, Guernesey, Gibraltar, Corfou,
les îles de France et de Ceylan et la terre de Yan-Diemen ;
les parts seraient encore inégales.
   Et cependant, énoncer les conditions d'un tel traité c'est
dire que sa réalisation serait impossible, quoiqu'il reposât sur
 des bases justes en apparence, puisque chacune des parties
contractantes obtiendrait des agrandissements à peu près
égaux. L'impossibilité ne proviendrait pas de la nature des
choses , mais de la nature des personnes. L'Angleterre, en
 effet, n'a pas coutume d'abandonner ce qu'elle tient. Prendre
toujours, rendre jamais, telle semble être sa devise. Et d'ail-
leurs la France aurait plus à perdre qu'à gagner à un tel arran-
 gement, car la tutelle de l'Egypte et de la Syrie et les im-
 menses conséquences qui en dérivent doivent être une puis-
 sante source de prospérité pour le peuple qui les obtiendra.
    La Syrie et l'Egypte sont destinées à devenir l'une ou l'autre,
 et même toutes les deux peut-être, la grande roule de l'Euro-
 pe aux Indes-Orientales. C'est à ce titre que la possession, ou.,
 ce qui est identique, le patronage de ces contrées , est l'objet