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lé territoriale, contre l'abus des substitutions et des majorais,
et demanderaient à grands cris une réforme sociale. Les autres
comprennent que si les nobles perdaient leur position ex-
ceptionnelle, sur laquelle s'appuie l'organisation spéciale qui
sert de base à la prospérité du commerce anglais^ les capitaux,
plus divisés, seraient inoins disposés à favoriser les grandes
entreprises industrielles ; les terres morcellées et mieux culti-
vées feraient naître à l'intérieur un producteur rival dont l'ex-
ploitation leur échapperait; et la richesse, enfin, plus égale-
ment et plus généralement répandue, créerait une concurren-
ce dangereuse , tandis que , par sa diffusion même, elle ren-
drait plus difficile les grandes et hardies spéculations dont
le succès repose sur l'affluence et sur la centralisation de&
 capitaux.
   Malheureusement, au point de vue politique , les deux cas-
tes dont je viens d'esquisser rapidement le portrait doivent
être considérées comme formant seules la nation anglaise offi-
cielle; car en ce moment cette nation est tellement organisée
que les autres classes, réduites à un rôle purement passif, ne
comptent dans l'état que pour l'impôt qu'elles lui paient , et
sont comme des mineurs incapables qui ne peuvent obtenir
leur émancipation.
   L'Angleterre a donc pour unique politique de favoriser son
commerce ; et comme la France , facilitée par vingt années de
paix, menace de lui enlever ses anciens consommateurs et de
partager avec elle l'empire des mers si non même d'y domi-
ner à son exclusion, il y a entre ces deux pays une similitude
d'intérêts et une rivalité permanente qui forment un empê-
chement insurmontable à ce qu'il y ail jamais entr'eux alliance
réelle et loyale.
   Ce n'est pas que la France, oubliant sa générosité ordinaire,
voulût jamais donner un baiser de traître. Le passé offre la
preuve du chevaleresque respect qu'elle a montré dans tous
les temps pour sa parole ; mais le passé offre la preuve aussi
 que jamais l'Angleterre ne s'est fait scrupule de violer ses en-