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                                S 59
taniinople par la Russie et à l'établissement simultané de
 l'Angleterre en Syrie et en Egypte.
    Ce qui a été dit ci-dessus sur la position respective et sur
les intérêts des puissances européennes engagées dans la
 grande question d'Orient semble suffisant pour démontrer que
l'alliance anglaise ne saurait convenir à la France. L'alliance
germanique ne pourrait à aucun titre mériter îa préférence.
Examinons cependant quels avantages la France devrait de-
 mander et pourrait obtenir de l'un ou de l'autre de ces deux
 partis.
    Les Anglais sont un peuple marchand dont toute la politique
a toujours été , et sera probablement toujours > la recherche
 des moyens de favoriser les développements et la prospérité
 de son commerce. Lors même que les faits historiques ne
 donneraient pas les preuves delà vérité de celle définition, on
 en reconnaîtrait l'exaclitude parle seul examen de l'organisa-
tion politico-sociale de l'Angleterre.
   Dans ce pays, en effet, deux aristocraties prédominent, s'ap-
puyant mutuellement l'une sur l'autre pour conserver les mo-
 nopoles qu'elles se sont attribuées. D'une part s'élève la puis-
sance nobiliaire avec l'orgueil ordinaire à cette caste, avec des
privilèges et des droits soigneusement défendus et conservés
depuis les temps féodaux; et d'aulre part se dresse la puissan-
ce financière et mercantile avec la morgue et l'infatuation quo
peuvent donner beaucoup d'or et d'ambition. Ces deux pou-
voirs, unis par un intérêt commun pour s'assurer la paisible
continuation de leur bien-êlre, sentent trop combien ils sont
utiles l'unàl'aulre pour essayer jamais de se nuire. Aussi les
nobles favorisent-ils le commerce par égard pour l'arislocra-
tie de l'or, et les marchands, par une réciprocilé calculée, laisr
sent-ils en paix les privilèges de leurs très-hauls alliés. Les
uns sentent, en effet, quesi le commerce cessait d'offrir de bon-
nes chances , les hommes qui s'y livrent et qui ne pourraient
plus trouver à s'y enrichir,etleurs nombreux clients désormais
sans emploi, réclameraient contre le monopole delà proprié-