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259 dois au hasard, et à l'extrême obligeance de Mlles Raynaud, institu- trices distinguées, dont le pensionnat jouit depuis longtemps, auprès des mères de familles, d'une réputation justement acquise. J'avais prié ces dames de m'cnvoyer une copie exactement figurée d'une autre inscription engagée dans un des murs de leur maison (1), et dont je parlerai ailleurs. J'attendais ce service avec confiance de l'an- cienne amitié qui unissait nos familles, et je n'ai pas été déçu. Mais à cela ne s'est point borné leur empressement à seconder mes faibles travaux : allant au-delà de mes désirs, elles ont bien voulu chercher, dans ce quartier, si riche en pareilles productions, d'autres restes d'antiquités à me signaler, et sont parvenues ainsi à retrouver dans leur voisinage deux monuments lapidaires, dont le plus important est précisément celui que j'avais regardé comme perdu pour tou- jours, découverte d'autant plus satisfaisante pour moi que mon petit travail allait être mis sous presse. Ce monument existe dans le pavillon donnant sur le Rhône, d'une maison située rue des Farges, portant le n° 97, et qui appartient à M. Coindre. C'est un fort beau cippe, en forme d'autel, de près de cinq pieds de hauteur, dont les moulures fort saillantes ont été en- taillées par une main moderne, dans la face latérale à gauche, sur la- quelle on a sculpté un écusson armorié, et gravé au-dessous la date 1553. Ces armes doivent être celles de l'Obéancier de Saint- Just dans les jardins duquel le monument avait été trouvé en 1552, comme le rapporte Paradin que j'ai cité. L'inscription an- tique gravée sur la face antérieure est bien conservée, et en beaux caractères qui indiquent une bonne époque : en voici la copie, plus fidèle que celles données par les écrivains lyonnais qui ont rapporté cette épitaphe, et par Spon lui-même, le plus exact de tous ordi- nairement, quand il s'agit de monuments de cette nature. (1) Celte maison, située rue des Farges, n° 87, est construite sur l'em placement de l'antique église des Machabées.