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tempête et pour l'éternité. Cette sorte de mouvement, im-
mobile comme la peinture, avec l'immense silence de la cam-
pagne a quelque chose d'imposant et de grave, Tout ce coté
du paysage est sombre; mais du côté du soir et dans le loin-
tain, comme pour reposer de cette sévérité, la vue est riante.
C'est une plaine fertile et partout animée; partout des mai-
sons de plaisance, partout des villages ou des clochers blanc
 ou rouges, une belle route dont on suit la ligne jusqu'à
Bourg, le dôme de Notre-Dame, l'église de Brou sur les-
quels l'œil fait une halte; puis, un intervalle où l'on ne
distingue ni les champs, ni les bois, et semblable à une
brume toujours couchée au pied des montagnes du Maçon-
nais qui bornent l'horizon.
   Dans nos pays, le peuple a conservé sa croyance aux pè-
lerinages autrefois si fréquents et si utiles. On va, par exem-
ple, à       pour les maux d'yeux, à           pour les convul-
sions, à, je ne sais plus où, pour détruire les sorts; ancien-
 nement l'on allait aux Conches. Il y avait, en cet endroit,
une chapelle dont, avant la dernière construction, il ne res-
tait aucun vestige. Une sainte Vierge de pierre avait été
l'habitante vénérée de cette chapelle et la protectrice des
alentours. Elle le fut pendant bien des siècles peut-être, car
 personne ne l'a vu par soi-même ou ne sait par traditionrien
de la première construction de la pauvre petite église. Seule-
 ment les esprits forts et libres qui ne donnaient pas dans les
 superstitions des faibles et se riaient de l'amour des choses
 saintes, ayant fait renverser la chapelle et chasser la Vierge,
 on sait qu'elle s'en alla en exil à l'un des voisins villages,
 où elle fut recueillie par quelqu'ame pieuse et dévote qui re-
 cevra, sans doute, plus tard, la récompense de son hospitalité
  généreuse.
    Après avoir longtemps habité la montagne, rien n'est
 triste comme la plaine. Les plantes n'y ont plus les mêmes