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122 qu'elles ont. Et puis, où se serait placé l'ouvrier? Dans la pile, sur la maçonnerie toute fraîche qu'il élevait conti- nuellement, et qu'il eût dérangée à chaque instant par le mouvement de ses pieds. 11 est difficile d'admettre cette ma- nière de faire. Les dimensions des piles sont proportionnées à leur hauteur, et l'intervalle compris entre les assises de bri- ques, n'est jamais bien exactement le même : à quelques piles, il est de quatre pieds, à d'autres, de trois seulement ; chaque encaissement aurait donc été différent, et pour la naissance des arcs, de môme que pour les murs du canal; comment s'y serait-on pris? Je serais en peine de le comprendre. Pourquoi chercher des moyens si compliqués, lorsque les choses, peuvent se faire sans difficultés. Je pense donc, qu'il n'y avait ni encaissement, ni clefs, ni boulins, que les écha- faudages étaient à l'extérieur , et que les traverses qui les soutenaient, s'appuyaient sur la maçonnerie au fur et à me- sure qu'on l'élevait, comme aux arcs des massues, au pont d'E- cully, de l'aqueduc du Mont-d'Or, aux ruines de Tourillon à Craponne, où les prises ne furent jamais bouchées après qu'on eût enlevé les échafaudages. Et si l'on objectait qu'une ma- çonnerie faite avec des petites pierres, ne forme pas assez vite adhérence pour se soutenir seule pendant qu'on l'exhausse, je répondrai qu'avec du bon mortier, cette crainte ne peut exister , et, qu'en outre, les assises de briques étaient em- ployées justement pour que les lits des parements posés en diagonale, ne fussent pas d'une trop grande hauteur et ne poussassent pas au vide les enchants, et, afin que le tasse- ment du massif en petites pierres, s'opérât également dans toute l'épaisseur de la pile. Or, je crois, qu'un jour après que ces assises de briques avaient été posées, on pouvait, sans crainte, monter un nouveau dé de maçonnerie.