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    « Ces piles n'ont pu être construites que par des encaisse-
  ments de quatre pieds de hauteur, serrés par deux cours de
 clefs ou bandes, comme nos cuves carrées pour le vin. Ce
 moule était nécessaire pour former l'ouvrage jusqu'à ce qu'il
 fut consolidé à pouvoir se soutenir par lui-même, car, sans
 cette précaution, les encoignures n'auraient pu résister à la
 poussée des parements. Ces moules étaient soutenus par des
 étais ; leurs appuis n'avaient aucune prise dans l'ouvrage,
 comme il se pratique ordinairement dans les échafaudages.
 L'on reconnaîtrait encore les marques des boulins, s'il y en
 eût eu. D'ailleurs, ils étaient impraticables dans des murs
 maillés en réseaux. Si l'on construisait une pile sans inter-
 ruption, il fallait autant de moules que son élévation en exi-
 geait : alors, les étais étaient inutiles.
   L'ouvrier placé dans le moule n'avait besoin que d'un ni-
veau pour monter par assises égales, les tailles en lozange
des quatre faces de la pile auxquelles le moule servait de sou-
tien, de plomb et de cordeau. L'on remplissait le massif à
mesure que les parements des piles s'élevaient, et après qua-
tre pieds de hauteur, le tout était couvert de deux assises de
ces grandes briques, qui liaient les parements avec le massif
de la maçonnerie, sur lesquelles, par les moyens d'un second
moule, on montait encore quatre pieds, et ainsi, jusqu'à ce
que l'on fut parvenu au niveau commun à toutes les piles,
pour recevoir les arcs qui formaient le pont. »
   Je crois que ce système d'encaissement (1) n'a jamais été
employé, et que, s'il l'eût été, les ouvriers n'auraient jamais
pu placer les pierres des parements avec la grande régularité

   (1) Delorme aura puisé son système d'encaissement dans la manièredont on
fait le pisay ou murs en terre battue, dans les environs de Lyon; mais on ne
peut comparer la terre que l'on pise entre deux rangs de planches, à la ma-
çonnerie à parement.