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 nèralmrs. M. Andraud a prévu celte difficulté, et il propose
d'y parer en établissant pour ses locomotives des relais de
récipients pourvus d'air comprimé, comme il y a aujourd'hui
des relais pour approvisionner les locomotives à vapeur
de houille et d'eau.
   Chaque récipient applicable à une locomotive, aurait une
capacité intérieure égale à cinq cents fois celle du cylindre
 ou corps de pompe dans lequel agirait le piston. Ce réci-
pient, chargé à soixante atmosphères, et laissant échapper
l'air au moyen du régulateur à une pression constamment
uniforme de trois atmosphères, produirait une force capable
de fournir à un parcours de vingt kilomètres. On comprend
en effet que ce récipient chargé à soixante atmosphères, et
 contenant cinq cents fois la capacité intérieure d'un cylindre
 chargé à trois atmosphères, équivaudrait à un réservoir con-
 tenant, à la charge de trois atmosphères, dix mille fois la
capacité du cylindre. On pourrait donc au moyen d'un môme
récipient remplir et vider dix mille fois le cylindre, c'est-à-
dire obtenir cinq mille va-et-vient du piston, ou, en d'autres
termes, cinq mille tours de roue. Si la roue portait quatre
mètres de circonférence, la locomotive pourrait donc par-
courir sans relayer vingt mille mètres ou cinq lieues. Elle
offrirait ainsi les mêmes avantages que la locomotive à la
vapeur.
   Et ce n'est pas seulement sur les chemins de fer que
M. Andraud espère pouvoir utiliser les nouvelles locomo-
tives. Il pense qu'elles envahiraient aussi les chemins or-
dinaires et les rues de nos cités. Tous les véhicules, quelle
que fut leur destination, quel que fut leur emploi, pourraient
donc être mis en action par l'air comprimé. On aurait des
récipients de force mis en réserve dans des magasins comme
on a maintenant des chevaux dans son écurie.
   On conçoit tous les avantages que comporteraient des amé-
liorations si remarquables, si elles pouvaient s'accomplir.
   On éviterait pour la construction des chemins de fer les