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46 nèralmrs. M. Andraud a prévu celte difficulté, et il propose d'y parer en établissant pour ses locomotives des relais de récipients pourvus d'air comprimé, comme il y a aujourd'hui des relais pour approvisionner les locomotives à vapeur de houille et d'eau. Chaque récipient applicable à une locomotive, aurait une capacité intérieure égale à cinq cents fois celle du cylindre ou corps de pompe dans lequel agirait le piston. Ce réci- pient, chargé à soixante atmosphères, et laissant échapper l'air au moyen du régulateur à une pression constamment uniforme de trois atmosphères, produirait une force capable de fournir à un parcours de vingt kilomètres. On comprend en effet que ce récipient chargé à soixante atmosphères, et contenant cinq cents fois la capacité intérieure d'un cylindre chargé à trois atmosphères, équivaudrait à un réservoir con- tenant, à la charge de trois atmosphères, dix mille fois la capacité du cylindre. On pourrait donc au moyen d'un môme récipient remplir et vider dix mille fois le cylindre, c'est-à - dire obtenir cinq mille va-et-vient du piston, ou, en d'autres termes, cinq mille tours de roue. Si la roue portait quatre mètres de circonférence, la locomotive pourrait donc par- courir sans relayer vingt mille mètres ou cinq lieues. Elle offrirait ainsi les mêmes avantages que la locomotive à la vapeur. Et ce n'est pas seulement sur les chemins de fer que M. Andraud espère pouvoir utiliser les nouvelles locomo- tives. Il pense qu'elles envahiraient aussi les chemins or- dinaires et les rues de nos cités. Tous les véhicules, quelle que fut leur destination, quel que fut leur emploi, pourraient donc être mis en action par l'air comprimé. On aurait des récipients de force mis en réserve dans des magasins comme on a maintenant des chevaux dans son écurie. On conçoit tous les avantages que comporteraient des amé- liorations si remarquables, si elles pouvaient s'accomplir. On éviterait pour la construction des chemins de fer les