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        firmant ainsi la sentence que Séyère avait prononcée contre
        Lyon et son rétablissement (1).
DÊ^LTOM. P o u r P e i r | d r e la désolation et les ruines de la grande cité
        gauloise, on ne peut répéter que ce mot d'un historien du
        t e m p s , que le vainqueur réduisit la capitale des Gaules en
        pâlurages(/n ovium              pascua(ï).
             La colère de Sévère n'eut eu un instant de relâche, qu'elle
          ne fut assouvie(3). Trois rivaux ont osé lui disputer l'empire,
         il faut que leurs têtes sanglantes se dressent sur trois croix
         dans les trois capitales du m o n d e , désolées et désertes. L'ora-
          cle de Fannonie est confirmé ; son ennemi doit périr près
          d'une rivière : Didius Julianus est mort dans sa maison de bain,
         près du Tibre ; le cadavre velu et noir de Pescennius roule
          dans l'Euphrale, et le corps blanc et amolli d'Albin (4) est
          entraîné par les flots fougueux du Rhône.
QUELQUES L'infatigable Sévère va jouir un instant à Rome de sa SU-
 TRAITS
DESÉVÈRE. prême puissance ;—humiliant tous les patriciens , la sentence
          favorite, qu'il répète à ses fils, est: Enrichissez vos soldats
         et moquez-vous de tous les autres ordres de l'état (5). Ces
         exactions dont on l'accuse épuisaient, dit-on, le pays au profit
         du soldat. Mais on ne songe pas au prix excessif des objets que
          ce dernier était obligé d'acheter sur une solde bien modique.
          Les légionnaires révoltés disaient (6): on estime à dix as notre

           (1) Hist. de Lyon, par Clerjon ; Mém. de l'IIist. de Lyon , par Guillaume
        Paradin ; le P. Méneslrier. elc.
           (2) Dion , sénateur qui écrit du temps d'Alexandre , fils de Marnée, mais
        que sa qualité de sénateur rend peut-être partial. Cependant les autres
        auteurs pendant long-temps ne parlent plus de celte ville, et semblent con-
        firmer son témoignage.
           (3) Aurel. Victor.
           (4) Il fut nommé Albinus, parce qu'en venant au monde, il était plus
        blanc que ne le sont d'ordinaire les enfants en naissant. Sabbathier, Dict.
        pour Vint., etc., p. 2î>.
           (5) Voyez Tillemont, Vie de Sévère, vol. 3 de l'Hist. des Emp.
          (6) Tacite, Annales, vol. 1, p. 17. Voyez M. Moreau de Jonnès, Tableau