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fut forcé de s'aliter , atteint qu'il était par le choléra, auquel
avaient déjà succombé plusieurs officiers qui habitaient avec lui la
Casbah.
    Son état s'aggravait d'une manière sensible, lorsqu'il apprit que
le général en chef se disposait à retourner en France, avec S. A. R.
et devait partir le 29, à la tête do la dernière colonne expéditionnaire.
Rien alors no put retenir Maléchard, et, malgré le mauvais état do sa
santé, malgré les conseils do ses amis, il voulut faire partie do ce
convoi. Mais quelle constitution eût pu résister aux fatigues d'un tel
voyage, en proie comme il l'était, aux atteintes du choléra, privé
des soins que réclamait impérieusement sa position, ot épuisé par
 les opérations du siège, qui l'avaient tenu, durant six jours et six
 nuits, dans l'eau et dans la bouc, livré aux travaux les plus sérieux
 et les plus pénibles ?... Il arriva pourtant lo 1er novembre à M'jez-
 Ammar, avec l'armée ; mais il était mourant !....
    Le souvenir do la belle conduite qu'il avait tenue en cet endroit,
 dut ranimer un instant son existence près de s'éteindre ; mais l'es-
 poir que ses dernières lueurs donnèrent aux personnes qui l'entou-
 raient leur fut, hélas! bientôt enlevée!.... La nouvelle du départ
 de ses frères d'armes qui devait avoir lieu le lendemain, et sans lui,
 lui donna le coup de la mort           Le 2 novembre, il expira sur les
 lieux même qui, un mois auparavant, avaient été le théâtre de ses
 exploits les plus glorieux.
    Ainsi, au moment d'être promu à un haut grade qu'il avait si bien
 acquis, mourut à l'âge do 45 ans, sur la torro étrangère, loin de sa
 famille et de ses amis, et dans un cruel abandon, l'homme qui
 tenait le plus au bonheur du foyer domestique, et à la gloire intime,
 comme lui-même il la nommait.
    Celui que l'armée a perdu si jeune encore , celui dont la mort pré-
 maturée est aussi regrettable pour la ville de Lyon que douloureuse
 pour ses proches, Maléchard n'était pas seulement homme du champ
 de bataille ; il était aussi homme de cabinet. La théorie de la guerre
 fut souvent l'objet de ses recherches et do son application assidue ;
 mais l'histoire naturelle, dont le goût s'était développé chez lui dès
 l'enfance, était son occupation favorite ; et il a laissé, sur l'une et