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240 fut forcé de s'aliter , atteint qu'il était par le choléra, auquel avaient déjà succombé plusieurs officiers qui habitaient avec lui la Casbah. Son état s'aggravait d'une manière sensible, lorsqu'il apprit que le général en chef se disposait à retourner en France, avec S. A. R. et devait partir le 29, à la tête do la dernière colonne expéditionnaire. Rien alors no put retenir Maléchard, et, malgré le mauvais état do sa santé, malgré les conseils do ses amis, il voulut faire partie do ce convoi. Mais quelle constitution eût pu résister aux fatigues d'un tel voyage, en proie comme il l'était, aux atteintes du choléra, privé des soins que réclamait impérieusement sa position, ot épuisé par les opérations du siège, qui l'avaient tenu, durant six jours et six nuits, dans l'eau et dans la bouc, livré aux travaux les plus sérieux et les plus pénibles ?... Il arriva pourtant lo 1er novembre à M'jez- Ammar, avec l'armée ; mais il était mourant !.... Le souvenir do la belle conduite qu'il avait tenue en cet endroit, dut ranimer un instant son existence près de s'éteindre ; mais l'es- poir que ses dernières lueurs donnèrent aux personnes qui l'entou- raient leur fut, hélas! bientôt enlevée!.... La nouvelle du départ de ses frères d'armes qui devait avoir lieu le lendemain, et sans lui, lui donna le coup de la mort Le 2 novembre, il expira sur les lieux même qui, un mois auparavant, avaient été le théâtre de ses exploits les plus glorieux. Ainsi, au moment d'être promu à un haut grade qu'il avait si bien acquis, mourut à l'âge do 45 ans, sur la torro étrangère, loin de sa famille et de ses amis, et dans un cruel abandon, l'homme qui tenait le plus au bonheur du foyer domestique, et à la gloire intime, comme lui-même il la nommait. Celui que l'armée a perdu si jeune encore , celui dont la mort pré- maturée est aussi regrettable pour la ville de Lyon que douloureuse pour ses proches, Maléchard n'était pas seulement homme du champ de bataille ; il était aussi homme de cabinet. La théorie de la guerre fut souvent l'objet de ses recherches et do son application assidue ; mais l'histoire naturelle, dont le goût s'était développé chez lui dès l'enfance, était son occupation favorite ; et il a laissé, sur l'une et