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    Durant les préparatifs de cette expédition, pour laquelle on em-
mena un immense matériel, le commandant Malechard rendit de
grands services et donna de nombreuses preuves de ce zèle, de ce
dévoûment et de cette capacité qui l'avaient déjà tant de fois mis
en lumière; et pendant la campagne, il fît éclater un noble courage
et un admirable sang-froid.
    Pour tous ceux qui y ont pris part, la conquête d'Alger est un
beau titre de gloire. Les événements de la dernière gravité qui eu-
rent lieu peu après en France, quoiqu'ils aient nécessairement attiré
et captivé l'attention générale, ne firent point oublier une si belle
conquête. Il est vrai de dire qu'elle ne fixa pas les regards comme
elle l'aurait fait si ces événements ne fussent point arrivés. Aussi,
l'histoire écrite de la prise d'Alger a-l-elle beaucoup perdu à cette
profonde préoccupation des esprits. Il sera pourtant facile d'en ras-
sembler les matériaux, quand on voudra y consacrer une plume
digne d'en apprécier et d'en faire ressortir l'importance ; et parmi les
pièces les plus utiles à consulter pour ce travail, je ne crains pas
de citer en première ligne le journal dans lequel Malechard a men-
tionné les Opérations militaires qui ont eu lieu durant la cam-
pagne d'Alger et les premières semaines de l'occupation de cette
ville.
    Au mois de novembre 1831, il se trouvait en congé à Lyon, et
 goûtait, au sein de sa famille et de ses amis, un bonheur qu'il savait
 si bien apprécier, lorsqu'une sédition populaire vint soudainement
 troubler la tranquillité dont jouissait cette ville. Sa garnison, peu
nombreuse, comptait deux mille hommes au plus, et manquait to-
talement d'artillerie. Le parti du peuple était fort, et se grossissait
 chaque jour dans une cité toute manufacturière et industrielle qui
ne renferme pas moins de cent mille ouvriers. Malechard jugea de
la situation, comprit le danger, et bien qu'il pût se tenir à l'écart,
sous la sauve-garde d'un congé qui n'était point à son terme, bien
qu'il sentît vivement tout ce qu'il y avait de douloureux et de cruel
dans sa position, il ne recula point devant l'inflexible rigueur du
 devoir qui lui prescrivait d'offrir immédiatement ses services au
 lieutenant-général commandant la division.
    L'affaire la plus urgente et peut-être aussi la plus difficile était de