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M. Giraud, M. Silvestre. De pareils livres sont essentielle-
ment réservés pour les bibliothèques curieuses et ce serait
beaucoup hasarder que de compter vingt-cinq bibliothèques
curieuses en France ; mais pourquoi renfermer dans les limi-
tes d'un tirage si étroit d'excellentes productions aussi agréa-
ble à lire qu'utiles à consulter, et q u i , n'en déplaise à la per-
fectibilité rétrograde de l'époque, pourraient compter encore
sans effort de plus nombreux lecteurs dans le pays? Est-ce mo
destie oufierté? l'anonyme sauve assez, ce me semble, celtepu
deur du savant et de l'homme d'esprit qui a peur de se confondre
avec les gensdelettresde profession, et de se voir un jour collo-
que dans les rangs d'une association d'écrivains, sous la rai-
son commerciale d'une communauté. Est-ce epigramme? elle
serait d'assez bon goût, mais un peu hyperbolique. Je con-
nais une soixantaine de personnes, Ã Paris et dans les provin-
ces qui liraient les Matanasiennes avec plaisir et avec fruit.
Un homme plus répandu que je ne le suis irait peut-être jus-
qu'à cent, et on trouverait dans sa liste des bibliothécaires,
des professeurs, des académiciens, et jusqu'à des gens de let-
tres. J e sais bien que la France éminemment éclairée du XIXe
siècle n'épuiserait plus en huit jours la quinzième édition des
Colloques d'Erasme , imprimée à vingt quatre mille exem-
plaires, comme cela est arrivé pour celle de Simon de Colines;
mais restreindre à vingt-cinq exemplaires l'édition de ces déli-
cieuses Matanasiennes, c'est se moquer de l'Institut et de l'Ac-
adémie de Lyon. On en jugera dans un prochain article.
CH. NODIER.
L'ART considéré t o m m e le symbole de l'état social, du ta-
bleau.historique et synoptique du développement des beaux
arts en France^ par Louis DCSSIEEX. — E n vente au bureau
de la Revue du Lyonnais.
L'ouvrage que nous annonçons est dû à u n jeune Lyon-
nais, élève d e l r c année de l'école des Chartes. C'est l'histoire