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  « Dans la dernière assemblée, l'un de ces Messieurs me
donna le distique suivant, pour mettre sous votre portrait ;
    Hoc (1), mutato habitu , vultus sibi sumpsit Apollo,
        Ut Gallis metri jura modumque daret (â).
   « Vous voyez. Monsieur, que vous êtes aimé et célébré
dans nos conversations savantes. L'auteur du distique s'ap-
pelle M. Dugas ; il est président en notre présidial, et fils d'un
prévôt des marchands de cette ville. Il possède les langues
savantes et les langues saintes ; aussi est-il très-savant et très-
vertueux. Nous avons aussi un conseiller au présidial, nommé
M. de Serres, homme d'esprit et de qualité; M. Falconnet,
médecin , fils d'échevin ; nous n'avons personne qui le passe ,
ni peut-être qui l'égale en esprit, en science, en livres et en
mérite; je dis ordinairement de lui qu'il sait, qu'il possède :
         Quiquid habet Latium , Gracia quidquid habet.
Les- autres membres de notre académie sont des jésuites, dont
l'un s'appelle le P. de Saint-Bonnet, philosophe et mathéma-
ticien, fort aimé etfort connu de M. Yarignon. L'autre jésuite
est l'auteur des deux poèmes de l'Aimant et du Café, que je
vous envoyai, il y a quelque temps. Le dernier dont j'ai à vous
parler est M. de Puget, à qui le poèmede l'Aimant est adressé;
c'est sans doute le premier magnéliste du monde; rien n'est
plus agréable que les expériences qu'il fait sur l'aimant, rien
n'est plus poli que ses manières, et rien n'est plus curieux que
son cabinet, qui est visité par tous les savants qui passent à
Lyon. Voilà, Monsieur, quels sont nos acteurs, sur lesquels
je me suis un peu étendu , mais il fallait dire tout cela, ou n'en
rien dire du tout (3). »

   (1) C'est ainsi que porte Cizeron-TLival ; je pense qu'il faudrait: Hos, mu-
lato habitu, etc.
   (2) Apollon, changeant d'air et de visage, a pris cette figure pour don-
ner aux Français les lois et les règles de la poésie.
   (3) Cizeron-Rival, Lettres familières de MM. Boileau Despréaux et Brossette;
 Lyon, Fr. de Los-Rios, 1770, t. i, p. 66-70.