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de livres aussi recèlent une poésie plus forte et plus sublime que celle-là. Jugé avec
passion par quelques journalistes, lâchement désavoué par le frère de l'auteur,
le petit volume de M. de La Mennais a bravé toutes les brochures qu'on a pris la
peine d'écrire contre lui. Les PAROLES D'UN CROYANT seront lues et admirées encore,
qu'il ne restera pas plus de traces de la réfutation de M. Bautin , que de celle de
M.Ponchon. La destinée des livres qui réfutent, est connue depuis longtemps.
   C'est le propre des grands ouvrages, en excitant l'admiration de leur siècle, de traî-
ner à leur suite de nombreux imitateurs. M. de La Mennais, a trouvé un digne disci-
ple en M. Jules Favre, jeune avocat d'un beau talent, et qui a fait ses preuves au
barreau lyonnais. Il a pris des PAROLES D'UN CROYANT , la forme extérieure et le
rbythme biblique , pour jeter dans de nobles pages, des vérités ardentes et chaleu-
reuses. Mais , une chose qui peut frapper, en lisant ANATHÈME , c'est une sorte de
modération et de retenue, que l'on ne trouve pas toujours dans M. de La Mennais.
Ainsi, le prêtre breton frappe et maudit assez souyent ; M. Jules Favre prend Un
'angage plus calme et plus doux.
    ANATHÈME doit être lu par tout ce qu'il y a de lecteurs qui peuvent se laisser
prendre aux accens de la sainte poésie, aux charmes d'une belle littérature. A
notre avis, si quelque chose doit diminuer l'intérêt et le plaisir d'une telle lecture,
c'est le ressouvenir des PAROLES D'CN CROYANT : voilà ce qui ôte de sa fraîcheur au
livre d'ANATHÈME. Du reste, M. Jules Favre a cela de commun encore avec M. de
La Mennais ; car le LIVRE DES PÈLERINS POLONAIS, dont les formes nouvelles d'abord,
 se reproduisent dans les PAROLES D'UN CROYANT , enlève à ce dernier ouvrage cer-
 taines faces fécondes , lumineuses et saisissantes, sans cela. Toutefois, le discours
 de la Charité, de cette charité dont le Platon du christianisme, St-Paul, fait quelque
 part un si bel éloge, ce discours, chez M. Jules Favre, est une pensée haute et
 forte, après le mot d'Anatbéme imprimé sur tant de hontes et d'ignominies.

                                                                F . Z. COLLOMBET.


                            INSPIRATIONS D'UN FIDELE.

    C'est encore la une de ces nombreuses brochures qui se rattachent aux PA-
 ROLES D'UN CROYANT. L'auteur, M. A. M. Quibel, est un bon et brave jeune homme
 dont les intentions sont droites et pures ; c'est une ame timide qui s'est laissé
 effrayer par le livre de M. de La Mennais, et qui, sans bien comprendre la mar-
 che de l'esprit humain , ne juge de l'avenir que par le passé.
    Voilà pourquoi M. Quibel s'est constitué le champion des souverains qui n'ont
 pas besoin de sa lance pour se défendre à l'heure qu'il est. M. Quibel est allé cher-
 cher un proverbe turc : DIX ANS DE TYRANNIE VALENT MIEUX Q'UNE NUIT D'ANARCHIE. Si nous
 étions dans la cruelle alternative d'opter entre dix ans de tyrannie ou une nuit
 d'anarchie , de deux fléaux nous choisirions le moindre , et partant le dernier. Des
 doctrines trop absolues ne prouvent rien, et le livre de M. Quibel nous parait