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68 de livres aussi recèlent une poésie plus forte et plus sublime que celle-là . Jugé avec passion par quelques journalistes, lâchement désavoué par le frère de l'auteur, le petit volume de M. de La Mennais a bravé toutes les brochures qu'on a pris la peine d'écrire contre lui. Les PAROLES D'UN CROYANT seront lues et admirées encore, qu'il ne restera pas plus de traces de la réfutation de M. Bautin , que de celle de M.Ponchon. La destinée des livres qui réfutent, est connue depuis longtemps. C'est le propre des grands ouvrages, en excitant l'admiration de leur siècle, de traî- ner à leur suite de nombreux imitateurs. M. de La Mennais, a trouvé un digne disci- ple en M. Jules Favre, jeune avocat d'un beau talent, et qui a fait ses preuves au barreau lyonnais. Il a pris des PAROLES D'UN CROYANT , la forme extérieure et le rbythme biblique , pour jeter dans de nobles pages, des vérités ardentes et chaleu- reuses. Mais , une chose qui peut frapper, en lisant ANATHÈME , c'est une sorte de modération et de retenue, que l'on ne trouve pas toujours dans M. de La Mennais. Ainsi, le prêtre breton frappe et maudit assez souyent ; M. Jules Favre prend Un 'angage plus calme et plus doux. ANATHÈME doit être lu par tout ce qu'il y a de lecteurs qui peuvent se laisser prendre aux accens de la sainte poésie, aux charmes d'une belle littérature. A notre avis, si quelque chose doit diminuer l'intérêt et le plaisir d'une telle lecture, c'est le ressouvenir des PAROLES D'CN CROYANT : voilà ce qui ôte de sa fraîcheur au livre d'ANATHÈME. Du reste, M. Jules Favre a cela de commun encore avec M. de La Mennais ; car le LIVRE DES PÈLERINS POLONAIS, dont les formes nouvelles d'abord, se reproduisent dans les PAROLES D'UN CROYANT , enlève à ce dernier ouvrage cer- taines faces fécondes , lumineuses et saisissantes, sans cela. Toutefois, le discours de la Charité, de cette charité dont le Platon du christianisme, St-Paul, fait quelque part un si bel éloge, ce discours, chez M. Jules Favre, est une pensée haute et forte, après le mot d'Anatbéme imprimé sur tant de hontes et d'ignominies. F . Z. COLLOMBET. INSPIRATIONS D'UN FIDELE. C'est encore la une de ces nombreuses brochures qui se rattachent aux PA- ROLES D'UN CROYANT. L'auteur, M. A. M. Quibel, est un bon et brave jeune homme dont les intentions sont droites et pures ; c'est une ame timide qui s'est laissé effrayer par le livre de M. de La Mennais, et qui, sans bien comprendre la mar- che de l'esprit humain , ne juge de l'avenir que par le passé. Voilà pourquoi M. Quibel s'est constitué le champion des souverains qui n'ont pas besoin de sa lance pour se défendre à l'heure qu'il est. M. Quibel est allé cher- cher un proverbe turc : DIX ANS DE TYRANNIE VALENT MIEUX Q'UNE NUIT D'ANARCHIE. Si nous étions dans la cruelle alternative d'opter entre dix ans de tyrannie ou une nuit d'anarchie , de deux fléaux nous choisirions le moindre , et partant le dernier. Des doctrines trop absolues ne prouvent rien, et le livre de M. Quibel nous parait