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350 LA REVUE LYONNAISE
mani de Podio, idemque anno 1007, interfuit electioni Duranti
l
in abà atem Saviniacensem . »
L'église primitive, sans doute insuffisante, fut remplacée par
celle qu'on voit encore aujourd'hui, et qui ne fut terminée qu'en
1017; elle fut dédiée à saint Romain, martyr d'Autioche, et le
vocable de saint Martin fut reporté alors sur une autre église con-
struite au pied du pic. Plus tard, un château fort, destiné surtout
à protéger le monastère, fut joint aux bâtiments du prieuré ; il est
mentionné dans la transaction qui intervint, en 1173, entre Gui-
chard, archevêque de Lyon, et Guy II, comte de Forez, et par
laquelle les droits du comte, sur ce château, furent reconnus.
« Concesserunl [archiepiscopus et ecclesia] et [comiti] quidquid
juris in castra Sancti-Romani de Podio habebant, et inde
usque ad Podium et usque Arverniam. »
Cette courte notice est destinée à servir d'introduction à un
document qui est conservé aux archives du département du Rhône
(fonds d'Ainay), et dont la teneur textuelle est reproduite ci-après.
Il révèle des détails absolument inédits etqui font connaître, non seu-
lement la constitution du prieuré et les faits qui s'y rattachent, mais
encore la situation dans laquelle l'abbaye d'Ainay se trouvait alors.
Ce document est sans date; mais il est facile de la lui restituer, en re-
marquant qu« son auteur dit formellement qu'il l'écrit cent trente
ans après la démolition du fort, q'ui fut ordonnée en 1333, par le roi
Louis XIII. Sa date certaine est donc celle de 1763. Antoine-René
de Lévis-Lugny, chanoine, comte de Lyon, en était prieur à cette
époque. Le lecteur y verra que la destruction du fort entraîna la
ruine des « lieux réguliers » qui y étaient adossés, et dont il ne
reste plus aujourd'hui que quelques vestiges informes. Mais l'église
et son clocher, dont l'architecture e^t d'une élégance remarquable,
quoique entièrement ouverts et complètement délabrés à l'intérieur,
sont restés intacts extérieurement. Le dernier propriétaire en a
fait don à la commune de Saint-Romain, à la condition d'en entre-
tenir les toitures en bon état. Il est très heureux que la conserva-
tion de ce curieux monument soit ainsi assurée pour de longues
années.
COMTE DE C H A R P I N - F E U G E R O L L E S .
i Gallia Christiana, t. IV, p. 235.