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138 LA R E V U E LYONNAISE
la Tour, qui porte, sur l'ogive de son portail, les six fers Ã
cheval du glorieux vainqueur de'Casal, Jacques de Saint-Bonnet-
Gailar, maréchal de Toiras 1 ; Galviac, aux des Hours depuis 1525,
avec sa « bastide » pleine d'ombre, lamée de soleil et tout humide
de la rivière qui l'arrose, après s'être brisée en ruisselets dès
l'entrée du parc, par trente pieds de chute à pic sur des rochers
de granit bleu, le Castellas de Saint-Bonnet, de l'autre côté du
gardon de Lasalle, belle.et fière ruine du temps du roi Henri,
jamais finie et jamais habitée, où, depuis des siècles, nichent des
paysans.
Il y a le château d'Algue, fief de l'héroïque et infatigable
pasteur. Paul Manoël d'Algue qui, au dix-septième siècle, rem-
plissait les Gévennes de son activité pastorale et de ses revendi-
cations en faveur de ses frères persécutés ; il y a Lhom après
Lestrechure, qui fut aux Barjac, autre race protestante de loyal
renom-, il y a Vibrac, près de Durfort, aux du Ranc, de souche
espagnole, dont les ancêtres furent les premiers-compagnons de
Christophe Colomb en Amérique ; il y a Fressac, le château de la
Dame-Blanche; il y a Cabrières, sur Saint-Jeau-de-Gardonnenque,
dont les. nobles filles s'appelaient Nymphe ou Dauphine ; il y a
Tornac, sur Anduze, dont le prieur était suzerain-de tout le pays
aux temps des croisades ; La Fare et Folliaquier, qui furent des
forteresses, et qui ne sont plus que des carrières de pierres ;
Montredon de Salinelles, ruiné ; Aigrefeuille, détruit ; Sabran en
Sabranenque, rasé, Exumas, nid de vautours, démantelé par ordre
de saint Louis, Mandajors, qui s'écroule, et tant d'autres.,.
Puis, il y a Bouscardon.
Si l'on arrive au pied des balmes du château, bâti sur l'un
des contreforts d'un rameau de la grande chaîne cévenole, allant
de l'ouest à l'est, quelque part entre Lanuéjols et Valabrègues,
par le côté de Lanuéjols, et que l'on tourne le dos au château, on
voit s'étendre devant soi une plaine élevée, nue, aride, ensoleillée,
' C'est de cet illustre homme de guerre, dont le duc de Guise disait plaisamment
à la cour de Louis XIII « saint Roch est devenu saint à force de faire des
miracles; pour M. de Toiras, il deviendra maréchal de France, maigre' qu'on
en ait, d force de faire de belles actions. » Il le fut, en effet, à quarante-cinq ans,
après les brillantes affaires de Ré et de Casai,