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438 LA REVUE LYONNAISE . quinzième et prenait, en 1515, les titres d'écuyer et de seigneur de l'Antiquaille. Ce nom avait été donné à la vaste propriété occupée par l'hospice de l'Antiquaille, sur le coteau de Four- vière et qui passe pour avoir été la résidence des empereurs et des gouverneurs romains de Rome. L'histoire de cette résidence princière est peu connue; l'empereur Claude y reçut le jour; Rubys, Paradin, Saint-Aubin, Brossette assurent que le palais fut recon- struit par Septime Sévère. Saint Pothin, premier martyr, y reçut le martyre, et on montre encore le cachot souterrain dans lequel il fut enchaîné à une colonne. Les rois bourguignons en firent leur demeure, mais depuis le règne de ces princes jusqu'en 1500, l'histoire est muette sur l'Antiquaille ; on sait seulement que pen- dant le moyen âge, ce qui restait de l'ancien palais romain, devenu une habitation particulière, fut muni de tours crénelées qu'on démolit au dix-septième siècle ; Pierre Sala en fit une superbe « demourance ». Le vaste enclos qui formait le jardin impérial était encore tellement rempli alors d'antiquités que Symphorien Ghampier appela cette maison ou château Domus antiquaria, et son maître, Pierre Sala, se qualifia lui-même de Seigneur de l'Antiquaille. « On ne scauroit, dit Claude de Rubis, si peu y remuer la terre qu'on n'y trouve quelque marque de l'antiquité, qui a esté l'occasion pour laquelle le lieu a esté nommé depuis l'Antiquaille. » Cette maison était assise sur la Masse des Vieux Arcs. On appelait ainsi, ou bien encore Arcus Serrazenorum, ou Arcs des Sarrasins un grand mur de soutènement élevé sur les Balrnes de Saint-Georges pour empêcher le glissement des terres de cette partie de la colline. Ce territoire avait le nom d'Lscïery, Esclare ou de Cléry. Il s'y trouvait une grande vigne, laquelle contenait diverses constructions souterraines, l'une appelée Grotte Besselle, située dans les dépendances de l'église Saint-Just, l'autre appelée Grotte Berelle, désignée plus tard sous le nom de Bains romains et qui se trouve aujourd'hui enclavée dans le tènement du grand séminaire. (Hist. des rues de la ville de Lyon, en 1350, par M. B. Vermorel. Lyon, 1879.) « Des autels renversés, ajoute M. Artaud, dans son excellent livre, le Lyon souterrain, des colonnes brisées, des salles de