Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
158                        LA R E V U E     LYONNAISE

phénomènes intellectuels. La sensibilité et l'intelligence rejetées
ainsi dans l'ordre passif, il ne serait plus resté que la volonté,
comme puissance active, comme unique faculté de l'àme, la volonté
attribut nécessaire d'un être moral et qui parla répond à l'exclusive
destination de notre nature. 11 n'y avait plus alors de souci que
d'avoir à justifier la part que peut prendre activement la volonté à
la direction des phénomènes ressortissant passivement de l'intel-
ligence. Mais qui ne sait que la volonté, sans assimilation repoussée
par la nature des choses, a sur les phénomènes intellectuels une
influence conductrice très marquée et véritablement constante ;
ce qui se prouve aisément par la théorie de l'attention, par la
théorie du jugement comme les Cartésiens avaient grande raison
de l'entendre, judicium est actus voluntatis potiùs quant intel-
 tectûs1, par la théorie de l'erreur, par l'emploi des signes du
langage et le mouvement discursif tout entier de l'argumentation
 logique, etc. Assurément une pareille esquisse aurait pu se déve-
 lopper dans une psychologie sérieuse, propre à vider les comptes
 des deux mondes au confluent desquels l'homme est placé,
 et capable plus que toutes les autres, ce semble, de s'assortir,
 puisqu'elle reposerait sur la volonté, à la vocation exclusivement
 morale de la nature humaine. Mais n'anticipons pas sur les résultats
 auxquels, dans le cours de cet ouvrage, nous serons conduits, par
 l'application rigoureuse de la méthode expérimentale.

  1
      Philosophie   de Lyon, t. I, p. 37,


                                    PREMIER PRÉSIDENT   GlLARDIN.