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464 LA R E V U B LYONNAISE
legs. Les 3,500 livres destinées à la fondation de prix à décerner
avaient été placées sur la ville, à 4 0/0, mais la bibliothèque et le
médaillier, qui avaient été remis à l'Académie le 7 octobre 1769,
demeurèrent empilés, faute de local, dans une chambre de l'Hôtel-
de-Ville, auprès du lieu où l'Académie tenait ses séances. Cinq
années entières se passèrent ainsi, sans que l'Académie et le Con-
sulat songeassent même, ni à donner un emplacement convenable Ã
la bibliothèque d'Adamoli, ni même à décerner les prix qu'il avait
fondés. C'était une incurie peu digne de ces grands corps1. Las
d'attendre davantage, M. Roch Adamoli fit sommer l'Académie par
un huissier, le 21 juillet 1774, de remplir les conditions du legs.
Celle-ci répondit évasivement,etle3 janvier 1775, M. Adamoli dut
porter l'affaire devant les tribunaux. Un jugement intervint, le
17 juin suivant, mais comme il ne satisfaisait aucune des parties,
elles se pourvurent devant le Parlement de Paris, qui, par un
arrêt du 2 juin 1779, sur les conclusions de l'avocat général
Séguier, confirma le legs de Pierre Adamoli et mit les parties hors
de Cour, dépens compensés.
II.y a peu de mois,' un jeune Lyonnais, d'un noble cœur,
M. Louis Lombard de Buflières, étranger à l'Académie, comme
l'avait été Adamoli, a légué aussi à cette compagnie une somme de
1
M. Dumas, secret-aire perpétuel de l'Académie, a glissé rapidement sur ces faits,
dans son histoire de cette compagnie, mais il nous apprend que ce fut le 18 novembre
1777, que l'Académie prit possession du local affecté, dans l'Hôtel-dc-Ville, aux col-
lections d'Adamoli. On y plaça l'inscription suivante :
Ne vana fieret liberalitas
Pétri Adamoli, civis lugd.
Doctrinas et artes
Ampliori hospicio exceperunt
Claudius Riverieux de Chambost
Merc. praef.
Math. Rast, Franc. Muguet, M. Ant. Bloud,
Bened. Coste,
Coss.
Anno M. DCG. i.xxvu.
La Révolution a brisé celte inscription, a chassé l'Académie de l'Hôtel-de-Ville,
comme entachée d'aristocratie, et relégué ses collections dans les combles du palais
Saint-Pierre, troués par les bombes de la Convention. Dix ans se passèrent sans
qu'on songeât à les retirer, et M. Delandine en racontant cet acte de vandalisme,
ajoute « que d'officieuses araignées avaient tendu leurs toiles sur les portes de ces
greniers... ».