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— 464 — Symeoni est, à notre avis, le dernier antiquaire de la Renaissance, qui ait laissé une œuvre érudite vraiment lyonnaise ; après lui, les travaux de Nicolas Nicolay1 et de Guillaume Paradin a n'ont plus cette flamme, cet enthousiasme qui étaient le propre des hommes de la Renaissance. Il a passé sur eux l'angoisse et l'horreur des guerres de religion. Les aimables rêveurs qui s'assemblaient sur les pentes de la colline de Fourvière pour évoquer les civilisations grecque et romaine et le Lugdunum antique, n'auraient pu continuer leurs érudites dissertations pendant que catholiques et protestants s'entretuaient dans les rues, au mépris de cette liberté de penser, leur œuvre immortelle, pendant que le sauvage des Adrets démolis- sait les plus beaux monuments et que la flagornerie d'un Mandelot encou- rageait une Saint-Barthélémy lyonnaise. L'année 1560 marque la véritable fin de cette période si féconde dans l'histoire intellectuelle de notre ville. G] Les antiquaires lyonnais de la Renaissance, que nous venons d'étudier, sont ceux qui ont rédigé leurs travaux ; mais il en est d'autres qui méri- tent cependant d'être évoqués pour l'importance des collections qu'ils ont réunies, les encouragements et l'aide efficace qu'ils ont apportés ainsi aux érudits et aux lettrés. Le plus célèbre, sans nul doute, est Jean Grolier, trésorier général des armées françaises dans le Milanais et ambassadeur de François I er à la cour de Rome 3, qui vécut de 1479 à 1565. Tous les bibliophiles connaissent la bibliothèque qu'il avait réunie dans son hôtel de Lyon à Paris, et dont les livres, précieusement reliés, portaient l'inscription : Joannis Grolierii et amicorum, et cette devise de l'écriture sainte : Portio mea, Domine, sit in terra viventium. Mais on parle moins de son cabinet d'antiquités qui était certainement aussi important que sa bibliothèque. 1. Description Générale de la Ville deLyon et des Anciennes frontières duLyonnais et du Beaujolais (1573). Lyon, Mougin-Rusand. 1883. 3. Mémoires de l'Histoire de Lyon, Lyon, A. Gryphe, 1573. 3. Cf. M. Leroux de Lincy, Recherches sur Jean Grolier sur sa vie et sa bibliothèque, Paris, I . Potier, 1866,