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— 458 — Ces citations éparses ne donnent que des renseignements bien peu complets sur la collection de médailles que possédait du Choul. Mais nous sommes mieux documentés par Strada de Rosberg, cet antiquaire mantou- an, contemporain de Du Choul, qui pour pouvoir publier de remarqua- bles études de numismatique, spéculait sur les cartons de Jules Romain et brocantait en Allemagne les dessins de Raphaël achetés à vil prix à la veuve de Perin del Vaga. Il était venu à Lyon pour acquérir les porte- feuilles du pauvre Sébastien Serlio, architecte et archéologue bolonais, qui mourait de misère, après avoir perdu sa clientèle de princes et de rois pendant les guerres civiles, et il en profita pour visiter la collection Du Choul, qui l'enthousiasma : « J'ai communiqué, dit-il *, et hanté à Lyon, avec un noble homme, Monsieur Guillaume du Choul, natif de la ville, fort expérimenté aux histoires et à desclarer le revers des monnayes et médailles figurées ; homme au surplus de si bon jugement et si rare qu'on le peult bien compter entre les premiers expérimentez en ceste affaire et non sans cause, tant pour sa belle mémoire que pour son bon et exquis jugement. En sa maison magnifique (ce qui me semble que je ne doive celer ),j'ay vu un grand nombre de toutes pièces de médailles antiques, entre lesquelles, les unes sont d'or, les autres d'argent et le reste de cuivre, lesquelles il m'a communiquées pour doubler celles qui m'estoient nécessaires à mon livre de revers». D'autres contemporains de Du Choul, ses amis Etienne Dolet et Jean Voulté 3 , en ont laissé de vibrants éloges, mais ils ne donnent pas de rensei- gnements précis sur son cabinet d'antiquités. Plus tard, il en est question dans les Diverses leçons 3 d'Antoine du Verdier, qui posséda la maison de Du Choul, où se trouvaient plusieurs tables de marbre et une inscription antique gravée sur une grande pierre en forme de piédestal. Enfin Spon4 cita une stèle d'un enfant, aujourd'hui au Musée lapidaire de notre ville, i. Epitome thesauri antiquitatum, hoc est imperatorum rom. orient, ac occident, iconum, exantiquis numis- mat. delineatorum. Lyon, 1553. — La traduction française que nous citons est celle de Louveau publiée aussi à Lyon en 1553, sous le titre de Trésor des antiquités. 2. Etienne Dolet, Commentar. Ling. lat„ t. IL p. 1.516. — Jean Voulté, Epigr. lib. IV : p. 348. 3. Les diverses leçons d'Antoine du Verdier. S. de Valprivaz, gentil-homme Foresien et ordinaire de la maison du roy, suivons celles de Pierre Messie. C. Michel et T. Soubron, Tournon, 1604. Des Epitaphes, p. 593. 4. Recherche des Antiquités, p. 45. — Artaud cite aussi cette stèle, Lyon souterrain, r>. 56.