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ment sans doute. Son père avait amassé une certaine fortune comme mar-
chand et changeur et s'était marié deux fois. Pierre était lefilsde la première
femme, dont le prénom seul, d'Olive, est venu jusqu'à nous. La date de sa
naissance n'est pas connue, elle est antérieure de quelques années à 1457,
date de la mort de sa mère ; on peut la fixer sans invraisemblance aux envi-
rons de 1450. Il hérita d'Olive de quelques maisons et de rentes assez fortes.
Son père, en mourant, bien qu'il eût encore une autre fille de son premier
mariage et un fils, Jean III, du second, lui laissa quelques biens.
     Après de fortes études, que ses loisirs lui permirent de compléter pour
devenir un parfait humaniste, Pierre Sala ne rêvait plus que de construire
une belle maison « somptueusement bastie » dans ce quartier de Fourvière
où il aurait à sa portée les ruines qu'il se proposait d'explorer. Il acheta
donc, en 1490, une vigne située sur le versant est de la colline de Fourvière,
où la tradition prétendait que les empereurs romains avaient édifié leurs
palais. En même temps, il épousait Marguerite Bullioud, veuve d'Antoine
Buatier, dit l'Argentier, qui retirait de la vigne en question une pension
annuelle de dix écus couronne. Cette femme eut sans doute la plus heureuse
influence sur Pierre Sala, car, suivant Henri Corneille Agrippa, elle était
particulièrement lettrée et possédait les plus sérieuses qualités de l'esprit
et du cœur z . Pierre Sala lui adressa avant son mariage une série de qua-
trains, dont le manuscrit, intitulé Enigmes, est à la bibliothèque du Musée
Britannique 3 . Dans ce recueil se trouve le portrait de Pierre Sala, que nous
reproduisons, et qui est le seul que l'on connaisse. L'expression du visage,
qu'encadre une abondante chevelure, est particulièrement douce, le regard
est profond et rêveur et l'ensemble de la physionomie est empreint de la
plus séduisante distinction. Le petit fils du bastier était devenu un parfait

     1. Pierre Sala dut être fort heureux en ménage, si l'on en croit la fin du Livre d'amitié qui se termine
ainsi : « Il n'est nulle amour ne amytié en ce monde qui soit à comparer à celle de mariage quant elle est honneste
et que tous deux s'entreeyment loyaulment et d'amour réciproque ». P. 84, éd. G. Guigue.
     a. Ce manuscrit a été étudié par M. George A. Parry. Voir Revue d'Histoire de Lyon, tome VIII, année
1909, p. 67 : Quelques sources étrangères de l'histoire lyonnaise, Un Lyonnais digne de mémoire, et Revue de
Philologie française et de littérature, octobre 1908.
     Voici une de ces énigmes imitée d'un passage du Livre de cuer d'amour espris du roi René :
                                  Chiere Amyable et Courtoyse Manière
                                  Au coin du bois ont tendu leur pantière,
                                  En attendant l'heure plus attraiable,
                                  Que par la passe cœur volant peu estable.