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encore pouvoir séparer théoriquement en « esprit » et « matière », montre
que les facteurs qui régissent ce que nous nommons l'« âme » ou le « moral »
(ces facteurs, extrinsèques et intrinsèques, ce sont les influences combinées
i° des antécédents héréditaires ; 2° des variations infinies du milieu ambiant
et 3° des habitudes acquises plus ou moins « consciemment ») sont les
mêmes que ceux qui régissent ce que nous nommons le « corps » ou le
« physique » de l'être ou du moiT.
      Le bon ou le mauvais fonctionnement de l'organisme envisagé ainsi in
globo, l'état de « santé » ou de « maladie », l'état « sain » ou « pathologique »,
l'état « normal » ou « anormal », l'état de « responsabilité » ou d'« irrespon-
sabilité » de notre individu, sont le résultat d'un équilibre stable ou
instable, entier ou partiel, complet ou incomplet, parfait ou défectueux^

      i. Au surplus, et quoi qu'on en dise, il ne saurait en être au'rement, lorsqu'on se place, comme je le
fais ici, sur le terrain exclusivement scientifique.
      Que les «spiritualistes» veuillent donc bien ne pas me ranger injustement aunombredes «matérialistes».
Voici d'ailleurs le fond de ma pensée à ce sujet. D'ici peu de siècles, il est infiniment probable, pour ne pas
dire certain, qu'il n'y aura plus ni « spiritualistes » ni « matérialistes ». Le feu, l'air, la terre et l'eau, qui
étaient considérés, il y a cinq cents ans, comme autant de dogmes scientifiques, sont aujourd'hui définitive-
ment « unifiés » ! De même, les idées (en toute franchise si mal définies !) que nous professons aujourd'hui
sur l'partout des liaisons et des transitions, et des « propriétés »
bio-physico-chimiques variables selon les conditions de milieu ou d'expérience ; et à cet égard rien n'est
plus démonstratif que les radiations invisibles émanant de tous les corps bruts ou vivants, les manifestations
lumineuses, électriques, radio-actives, etc., et même les transmutations des éléments soi-disant simples, que
chaque jour l'on découvre, et qui toutes ne sont que des modalités infinies d'une énergie animatrice univer-
selle infinie elle-même. Le commencement et la fin nous sont inconnus, et ils nous resteront malheureuse-
ment à jamais inconnus. Mais pourquoi vouloir à tout prix qu'il y ait eu un commencement et qu'il y aura
unefini Le néant ne peut pas être. Les grands mots, les belles phrases, les flots d'éloquence, les axiomes spé-
culatifs,les affirmations dogmatiques, qui ne servent aujourd'hui, scientifiquement parlant, qu'à voiler notre
ignorance, pèseront peu, dans quelques millénaires, sur la balance de la Vérité! La Science, qu'il est de bon
ton dans certains milieux cultivés de railler ou de dédaigner, est encore dans l'enfance, et ceux qu'on appelle
improprement les savants, c'est-à-dire les moins ignorants, sont les premiers à le reconnaître. Mais patience!
laissons la grandir, cette petite science actuelle, et nos arrière-petits-enfants la verront avec joie et profit
porter très haut un flambeau dont l'éclat sera tel qu'il éclipsera probablement tous les autres flambeaux!..
J'en suis du moins, avec la très grande majorité des biologistes, des chimistes et des physiciens actuels,
intimement convaincu. Et, puisque je viens de parler des progrès incessants et illimités des sciences bio-
physico-chimiques, j'ajoute, à titre d'exemple, que je ne puis songer sans quelque pitié au livre déjà périmé,
quoique datant d'hier, du célèbre docteur Grasset sur les Limites de la Biologie ! Ces limites, qu'il prétendait
rétrécir et fixer, sont en réalité si vastes qu'on peut les comparer aux limites de l'Espace où flotte la poussière
des Mondes ! Et la pierre philosophale, entendue même au sens le plus large, n'est pas un mythe ! Mais quand
sera-t-elle découvertes'.. Car nous ne saurons jamais tout /...