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— 227 — existe de nos jours. Sans avoir la renommée de celui de l'Antiquaille, le nouveau couvent n'en demeura pas moins un des plus importants de Lyon. La pente extrême du sol est cause qu'il fut élevé sur un seul plan, tout en façade. Au rez-de-chaussée, on admire maintenant une chapelle d'une simpli- cité assez élégante. Un escalier de pierre de dimension imposante est le plus bel ornement de l'édifice, ainsi qu'un long couloir voûté desservant tout le rez-de-chaussée. Dans le clos qui descend jusqu'au bas du Chemin-Neuf, ont été découverts de nombreux restes de monuments romains ; la plupart doivent provenir de l'écroulement du forum survenu en 840. Des vestiges sembla- bles ont d'ailleurs été retrouvés dans le jardin du Rosaire, situé plus direc- tement à pic au-dessous de l'ancien mur du forum. Toute cette partie de la colline possédait des constructions souterrai- nes, citernes, conserves d'eau, voûtes et canalisation d'adduction ou de drainage reconnues depuis longtemps et que chaque coup de pioche nous montre encore à nouveau. Le 29 août 1708, le monastère des Chazeaux, désirant loger des pen- sionnaires, acheta de l'Hôtel-Dieu, moyennant 7.000 livres, la maison voi- sine de Bel-Air, devenue de nos jours le chemin du Rosaire. L'immeuble avait été légué treize ans auparavant à l'hôpital par messi- re Henry Lenoir, seigneur de Lancin, ainsi qu'en témoigne son testament du 13 février 1698, conservé aux archives des Hospices civils. J.-J. Rousseau raconte, dans ses Confessions, que c'est là , aux Chazot- tes, qu'il rendit de fréquentes visites à mademoiselle du Chatelet, l'amie de madame de Warens, et qu'il ébaucha une idylle avec une jeune Lyonnaise, mademoiselle Serre. En 1796, pendant la Révolution, la maison des Chazeaux fut vendue comme bien national à quatre Lyonnais. Elle devint ensuite un dépôt de mendicité, puis, en 1864, elle fut réunie à l'Antiquaille et sert mainte- nant à l'hospitalisation de différentes catégories de malades et tout spé- cialement aux maladies cutanées.