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bourg comme on disait alors. On y trouve les champs, les jardins — nous
dirions aujourd'hui les cultures maraîchères — dont les produits alimen-
tent Lyon. C'est là aussi que les Lyonnais prennent de plus en plus l'habi-
tude de se rendre en promenade le dimanche. Jusqu'au moment où la
réalisation des projets de Morand (fin xvme siècle) les attira du côté des
Broteaux, la Guillotière semble avoir joui d'une grande faveur comme ban-
lieue. Il y a là des cabarets, des réjouissances traditionnelles qui attirent les
promeneurs.
      Le premier dimanche de Carême ou Quaresme entrant avait lieu la
fête des Brandons. Les Lyonnais se rendaient en foule dans la plaine de la
Madeleine au sud du bourg, ils coupaient des branches vertes — sortes de
brandons — dans les nombreuses broussailles. Ils y attachaient des fruits,
des gâteaux et revenaient en ville non sans faire halte dans les nombreux
cabarets de la Guillotière, où ils mangeaient des bugnes. (C'était une sorte
de fête du Printemps).
     Plus fréquentée encore était la fête qui avait lieu le dimanche après la
fête de Saint-Denis de Bron (au début d'octobre). Les assistants y jouis-
saient du privilège de pouvoir s'insulter réciproquement sans que la police
intervint pour faire cesser les scandales (i).
     En résumé, à la fin du xvme siècle, la Guillotière était donc à la fois
un bourg encore peu important et une banlieue qui approvisionne Lyon
des produits de ses cultures et attire les Lyonnais les dimanches et à cer-
taines fêtes.
                                                   III

                                            LA VILLE

     C'est dans la première moitié du xixe siècle que le bourg est devenu
une ville. Ce développement a souvent étonné par sa rapidité. Meifred
rapporte ces paroles d'un préfet de l'époque : « Si cela continue, on ne dira
plus la Guillotière près Lyon, mais Lyon près la Guillotière ». Cette bou-

       (i) François de Rosset, Histoires tragiques de notre temps. Une de ces vogues, celle du n octobre 1711,
a fini par un accident tragique (300 personnes noyées ou écrasées) à la suite d'une bousculade survenue sur
le pont de la Guillotière. V. Meifred, op. cit., p. 42 sqq.