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ces écrits, approuvés par les docteurs de théologie de l'Université de Paris,
usent de vengeance du meurtre de Guise et provoquent à l'assassinat du
roi ; d'autres, après l'accession d'Henri IV, persiflent les ruses et les
finesses du « roy de Navarre » ; la bataille d'Arqués y est dénoncée comme
un combat sans importance, dans lequel les catholiques auraient eu l'avan-
tage sur les huguenots. Mais, à l'avènement d'Henri IV, il se passa autre
chose.
      Après 1550, Michel Jouve, beau-père de Pillehotte, est libraire de la
Ville ; comme il a souffert « pendant les troubles », parce qu'il a « publié
plusieurs livres pour soutenir la foi catholique », Charles IX, le 10 février
 1569, l'autorise par lettres-patentes à « imprimer toutes sortes d'écrits,
ordonnances et autres choses » envoyées par lui, le roi, au gouverneur du
Lyonnais, Forez et Beaujolais, « pour estre publiées et obseruees, auec
défense à tous aultres libraires de Lyon de s'en entremettre, sous peine de
confiscation et d'amende ». Bien entendu, quand Jean Pillehotte prend
la suite de son beau-père, il est investi lui-même de la charge honorable
d'imprimeur du roi ; mais, imprimeur du roi il publie contre le roi libelles
et pamphlets et prend cyniquement le titre d'imprimeur de la Sainte-Union.
Pourtant, les événements qui troublent si profondément le pays de France,
et en rendent les routes dangereuses, empêchent Lyon de s'approvisionner
à Paris des livres nécessaires « à l'entretenement du peuple en l'union de la
Religion » ; les imprimeurs de Lyon n'osent « imprimer les dictz livres à
cause des privilèges qu'ont ceux de Paris » ; alors, la Sénéchaussée et Siège
présidial, par une sentence rendue le 17 avril 1590, fait injonction à l'impri-
meur du roi, Jehan Pillehotte, d'« imprimer tous tels livres de dévotion,
& autres concernans la Religion Catholique Apostolique et Romaine... pour
l'édification et instruction du peuple en la [dite] Religion, nonobstant les-
 dictz priuileges ». Et à l'avènement d'Henri IV, voici ce qui se passa :
Pillehotte, « à cause de [sa] forfaiture et rébellion » est dépouillé de sa charge
 d'imprimeur du roi, à Lyon, et « chassé de ladicte ville comme factieux et
adhérent [aux] rebelles ennemis » ; et pour récompenser ceux qui, pendant
les luttes de la Ligue, ont été ses adversaires, Guichard Julliéron et Thi-