Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                                   — 22 —

premier livre, tous les livres lyonnais, bientôt, furent illustrés ; des images,
il y en eut partout : « Dès qu'un livre français, écrit A. Firmin-Didot, était
imprimé ailleurs sans gravures, l'imprimerie lyonnaise s'en emparait aussi-
tôt et lui donnait une nouvelle vie et une nouvelle destination, en l'enrichis-
sant de son imagerie ». C'étaient des bois en taille d'épargne, dont la techni-
que remontait aux premiers cartiers. D'une naïveté de dessin incomparable,
traitées en tailles simples et presque toujours malhabiles, ces gravures
premières sont admirablement adaptées aux impressions qu'elles décorent ;
on ne les imagine pas autres qu'elles sont, tant la roideur et la gaucherie de
ces images s'harmonise à la gaucherie et à la roideur de la littérature qu'elles
ont pour mission d'illustrer.
      «Au cômëcemët Dieu créa le ciel et la tre et dit Dieu lumière soit faicte
et la lumière fut faicte moralité — la création...»
      Voit-on cela illustré avec des vignettes de Moreau le Jeune ou de
Gustave Doré ? évidemment non.
     C'étaient aussi des gravures en métal : taille-douce ou taille d'épargne,
mais dont le métier, périlleux et difficile, fut bientôt abandonné : les gravu-
res en taille-douce des Saintes Pérégrinations de Jérusalem (Voyage de Brey-
denbach), imprimés par Michel Topié et Heremberck, en 1488, et proba-
blement taillées par Heremberck lui-même, est le premier essai de gravure
en creux sur cuivre qui ait été fait en France.
       C'étaient encore des gravures au criblé ou « interrasiles » obtenues
avec un métal doux : étain, ou plomb peut-être ; sur cette matière tendre,
l'artiste traçait son dessin au burin, puis, au lieu de se servir de cet outil
pour faire des hachures, il éraillait, rongeait, érodait sa planche, et il obte-
nait ainsi, par une sorte de grattage, les effets voulus d'ombre et de perspec-
tive ; on en peut voir quelques spécimens dans la Nef des Princes et des
Batailles de Noblesse (Lyon, G. Balsarin, 1502), provenant des Meditationes
de J. de Torquemada, imprimées par J. Neumeister, en 1479.