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90 MARIUS ET LUDOVIC PENIN
pour que les auteurs du monument en aient été fort émus.
Son père avait tenu à ce qu'il ne se cantonnât pas exclu-
sivement dans la médaille et fit de la ciselure. En 1859,
un des fervents de la Galette, Noël Le Mire, ayant été
décoré de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, ce fut pour
L. Penin l'occasion de faire œuvre de ciseleur. Il fut
chargé de la composition et de l'exécution de l'épée, qui
fait partie du costume de l'ordre, et que les collaborateurs
de la maison Le Mire voulaient offrir au nouveau cheva-
lier. Cette pièce appartient encore à la famille Le Mire.
Elle est en cuivre doré ; le pommeau, en forme de casque,
porte à sa partie supérieure les armes des Le Mire « d'azur,
au chevron d'argent et trois miroirs aussi d'argent cerclés
et pommetés d'or ; à la pointe de l'écu, la croix de l'Ordre
des Saints Maurice et Lazare. » Au-dessous, dans une bande-
rolle la devise FUTURA PROSPICE. Le cartouche qui termine la
poignée à la naissance de la lame contient en bas-relief le buste
de saint Grégoire-le-Grand. Sur la lame elle-même est incrus-
tée la mention : A NOËL LE MIRE DEFENSEUR DE LA
FOI CATHOLIQUE PROMU CHEV. DE S1 GREGOIRE
7 7 bre 1859. TEMOIGNAGE DE SYMPATHIE DES
COLLABORATEURS DE LA MAISON LE MIRE (1).
Le 16 février suivant, 1860, L. Penin épousait, à Paris,
Marie-Henriette Beuscher, fille de Paul-Hippolyte Beuscher,
sous-directeur au Ministère des affaires étrangères, et
d'Emilie-Françoise Simonnet. Les témoins du mariage
étaient Herald de Pages, le Timothée Trimm du Petit
Journal, Paul de Beurtheret, Antoine Théodore, comte de
Lesseps et l'abbé Edmond Beuscher, frère de la mariée.
Avec un sens et une délicatesse bien rares, Marius Penin
(1) Voir le n° 56 du catalogue.