Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
            LES LYONNAIS AU COLLEGE DE JUILLY                    279

royale, étaient assis vingt-trois de nos compatriotes. Cepen-
dant, on était au moment le plus aigu de la crise financière, et
le collège, en raison de la cherté des vivres et des sommes
considérables, dont le payement restait en souffrance, venait
d'élever de 50 livres le prix de la pension. Ne trouverait-on
pas là une nouvelle preuve des traditionnelles qualités de
prudence et d'honnêteté de nos familles lyonnaises. Préfé-
rant un gain plus modeste, mais certain, à tous les profits
beaucoup trop éventuels de la spéculation, si avantageux
qu'on les prédît, elles avaient accueilli avec répugnance les
habiles combinaisons de Law (1). Ce fut par contre-coup
seulement, et en nombre relativement restreint, que, dans
notre région, elles furent atteintes par la catastrophe, qui
mit fin à cette trop brillante entreprise.
   M. de Montigny-Léreins avait eu cette heureuse pru-
dence. « Je vous amène », dit-il au P. Sauvage, « mon fils
« François, âgé de quinze ans et les cinq enfants de ma
« sœur, que mon éloquence et mes grands éloges de l'Aca-
« demie ont seuls pu gagner. » Les compliments étaient
intéressés; on s'en aperçut bientôt. « François de Monti-
« gny (2) ne voulait pas travailler, parce qu'il n'en avait
« pas de besoin. Pendant trois ans, sur les instances de
« Monsieur son père, on essaya tous les moyens, jusqu'à
« le priver de ses 30 sols mensuels pour menus plaisirs. »
On se brisa devant une résistance invincible, et « Monsieur
« le père fut averti de le venir prendre. » Ce qu'il fit le
8 mars 1723.


  (1) M. STEYERT : Nouvelle Histoire de Lyon, III, p. 358.
  (2) Nos registres le disent de Lyon. Nous n'avons pu, malgré toutes
nos recherches, retrouver son acte de naissance. Les de Montigny-
Lcreins habitaient sur la paroisse de la Platière en 1725.