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360 L'INDUSTRIE DE LA SOIE
la nouveauté tantôt par le changement de matière, de
tissure ou de dessin, tantôt par la seule teinture et par
l'apprêt. En plus d'un cas, le teinturier a fait le succès des
étoffes par l'originalité de la couleur. A toutes les inven-
tions fantaisistes de la mode, la fabrique a répondu par
des produits sinon nouveaux, du moins différents, qui
en donnaient la plus séduisante expression. Ce travail
rapide déjouait les tentatives de nos rivaux empressés
à prendre leur part du bénéfice de ces renouvellements
éphémères. Il faut dire aussi que ces transformations
successives qui donnent ce qu'on appelle la nouveauté
prennent aujourd'hui le plus souvent naissance à Lyon.
Les fabricants lyonnais ont enlevé en partie cette initia-
tive aux dessinateurs et aux marchands parisiens ; ils se
gardent ainsi contre des surprises. Ils sont donc
devenus personnellement plus inventeurs et l'invention
a chez eux plus d'originalité. Le point de départ est donc
plus souvent à Lyon ; Paris, où l'industrie de la confection
a aussi sa part d'initiative, consacre la mode, lui donne
les dernières retouches, reste, malgré des amoindrisse-
ments, un grand marché d'étoffes, et celles-ci y trouvent
dans de nombreuses manufactures les applications les
plus diverses.
L'abaissement du prix et nécessairement de la qua-
lité a été la condition de ce développement, on peut
le dire inespéré, mais qui n'était pas imprévu, de la
consommation des soieries.
Il est douteux que le prix doive s'abaisser au point
d'inspirer quelque inquiétude quant à la vitalité des
branches de la manufacture qui ont pour objet la pro-
duction des étoffes de soie pure et de celles sinon de
la meilleure qualité, du moins de bonne qualité. La