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56 LE \0M PRIMITIF faire disparaître. Vainement, les Capitulaires et les actes des Conciles s'attachent-ils, pendant toute la période mérovin- gienne, à proscrire la coutume d'adorer les fontaines, aussi bien que les arbres et les pierres (6), on ne parvint à détruire ces superstitions populaires, qu'en consacrant à la Vierge et aux Saints la plupart de ces fontaines sacrées, qui devinrent souvent un lieu de pèlerinage fréquenté. Et c'est ainsi que s'explique la vénération qui subsiste encore de nos jours, pour quelques-unes de ces sources, que l'on retrouve dans un certain nombre de nos églises rurales ou dans leurs dépendances (7). Mais si, depuis de longs siècles, les antiques supersti- tions ont disparu, les traditions locales ont conservé, dans presque toutes nos provinces et sur les points les plus divers du territoire, le nom primitif de l'ancienne fontaine divi- nisée des Gaulois. Ce nom varie suivant les contrées, mais moins dans sa forme que dans sa prononciation elle-même. Ainsi, dans le Lyonnais, le Forez, le Bugey, et même dans la Bourgogne, les fontaines, objet d'un ancien culte, portent le nom de Doy, Doye, Doa ou Doua. Le nom de Dhuis, Douix, Dwy, prévaut, au contraire, dans certaines contrées de la Bour- gogne, de même que dans le Nivernais et la Saintonge (8), pendant que dans le centre de la France et en Bretagne, ce nom se transforme en celui de Doué et Douet. (6) Capitul. I, titre 64. — Concil. apid Sirmond., t. I, i " partie, p, 606. — Guizot. Hist. de la avilis, en France, III, p. 97. (7) Notamment, à Chaussan (Rhône); à Mizérieux (Loire). — V. A. Maury. Les Fées au Moyen Jge, p. 19 et 27.. (8) Roget de Belloguet. Glossaire gaulois, p. 3S0, n° 403.