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336 HISTOIRE DU COUVENT
chies par les bulles pontificales de tous cens, dîmes et rede-
vances ; il en est de même des volumineuses écritures signi-
fiées en 1777 pour obtenir la suppression des trois portes
qui défendaient l'entrée de leur grande cour, que quelques
habitants prétendaient avoir été usurpées sur la voie pu-
blique; ce serait plutôt à un traité de jurisprudence qu'Ã
une histoire de couvent à faire connaître les incertitudes de
la science du droit, qui jetaient, en 1664, dans un intermi-
nable procès les Grands Carmes, lorsqu'ils revendiquaient
d'importants avantages en vertu d'un testament rempli de
nullités et valable pourtant quant aux legs pieux, toujours
soustraits, à cette époque, à l'application des règles ordi-
naires de la révocation et de la caducité.
Nous aurions préféré trouver dans leurs archives quelques
pages d'appréciations sur les discussions qui ont précédé le
jour où fut lancée, contre l'esprit général de la théologie
chrétienne, la fameuse bulle Unigenitus. Mais les Grands
Carmes, ennemis cependant des Jésuites, évitèrent de se
mêler à ces ardentes querelles. Du 8 septembre 1713, jus-
qu'en 1718, ils parurent, en effet, complètement indiffé-
rents au triomphe des diverses doctrines religieuses soute-
nues soit au nom de l'Église gallicane^ soit au nom de
l'ultramontanisme. Leurs préférences ne furent pas toute-
fois douteuses, car ils attendirent pour se prononcer la lettre
apostolique de Clément XI, qui le 28 août 1718, ordonna
à tous les fidèles d'accepter la bulle sous peine d'excommu-
nication. Et encore, ne fut-ce que le 6 janvier 1719, quand
tous les couvents de Lyon avaient cru devoir céder aux
injonctions du Souverain Pontife, qu'ils ouvrirent leur livre
des Résolutions capitulaires et firent dresser par le secré-
taire de la communauté l'acte formel de leur adhésion aux
décrets de la Cour de Rome. Le Général de l'ordre des