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DES GRANDS CARMES DE LYON 329
tion contre dévotion, qu'il allait ruiner l'honneur de leur
église et la faire déserter. » Il paraît que l'abbé Morange ne
voulut rien promettre, et que la médiation de M. Bastero,
recteur des Pénitents, ne put faire céder le grand vicaire.
Le dimanche, septième jour de mars, le R. P. Timothée
de Saint-Paul, provincial, fit enlever le tableau qui portait
pour titre : Association à la Passion de Jésus, et qui avait
été apposé contre la façade de la chapelle pour annoncer
les offices du jour ; ii fit, de plus, avec l'agrément du
Recteur, fermer la porte de l'église. L'abbé Morange voulut
avoir raison de cette opposition ; il vint chez les Pénitents,
passa par une ouverture qui donnait sur la Grande-Bou-
cherie, fit ouvrir en dedans la porte de la chapelle et se mit
en état de commencer ses exercices publics. Le P. Pro-
vincial des Carmes, accompagné de trois religieux, pénétra
alors dans la même église, en ferma la porte sur lui et vint
prier le grand vicaire de se retirer ; il fit quérir un notaire
qui dressa procès-verbal des faits et constata le refus de
l'abbé Morange d'obtempérer à la sommation qui lui était
adressée. Le P. Provincial se rendit alors « au pied de
l'autel, devant lequel il resta agenouillé pendant un quart
d'heure, priant Dieu contre le grand vicaire », qui vaincu
par cette attitude calme et résignée, prit enfin le parti de
s'en aller. Mais le lendemain, 8 mars, sur la plainte de
l'abbé Morange et à la réquisition du Promoteur de l'offi--
cialité, le Juge ecclésiastique rendit un décret de prise de
corps, tant contre le P. Provincial que contre tous les
Carmes. Sur ces entrefaites, le P. Paul de Saint-Antoine,
procureur du couvent, se trouvant en ville pour les affaires
de la maison avec un compagnon, fut arrêté sur le pont
Saint-Vincent par l'appariteur de l'officialité et une troupe
de sergents et de recors qui voulaient le faire prisonnier.