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2l6 SOCIÉTÉS SAVANTES
ville, au savant qui la dirige et aux pouvoirs publics qui l'ont créée et
l'ont si heureusement dotée.
Séance du 24 juillet 1S88. — Présidence de M. le docteur Teissier.
— M. Dubois, professeur de physiologie générale et comparée à la
Faculté des Sciences de Lyon, autorisé à faire une lecture, commu-
nique une étude sur l'Action de la lumière sur les pholades. Malgré les
recherches des savants contemporains, on ne sait que fort peu de choses
sur la perception de la lumière par les invertébrés. Mais cette question
pourra être étudiée avec plus de fruit, si l'on met à profit une singu-
lière propriété découverte par l'orateur, pour la première fois à Roscoff,
sur des pholades, qu'il avait transportées au laboratoire zoologique. En
faisant, la nuit, de fréquentes visites à ces mollusques, placés en obser-
vation dans des bacs, pour étudier leur pouvoir photogénique,
M. Dubois constata leur extrême sensibilité à la lumière. Dans l'obscu-
rité, les pholades allongent leur siphon en un long tube presque tou-
toujours immobile; mais dès qu'une faible radiation lumineuse vient
frapper cet organe, aussitôt il se rétracte brusquement et avec force.
Cette contraction peut être enregistrée et permet de calculer, par l'effet
produit, la nature et l'intensité de l'excitation lumineuse, ainsi que
l'établissent nettement les tracés placés sous les yeux de l'Académie.
Les expériences faites avec des lumières de longueurs d'onde diffé-
rentes, démontrent, d'autre part, que les diverses lumières colorées
n'agissent pas Je la même manière sur les pholades, ce qui permet de
calculer la valeur de l'excitation, en raison de la valeur d'onde employée
comme excitant. En outre ces divers tracés ne sont pas obtenus néces-
sairement avec des pholades entières, mais simplement avec des siphons
détachés de l'animal, ce qui prévient une quantité d'erreurs, pouvant
provenir de manifestations nerveuses centrales. Ces expériences sans
précédents et sans analogie avec celles qui ont été faites jusqu'à ce jour,
seront relatées, avec les tracés, dans le mémoire complet, que prépare
M. Dubois. — M. Locard signale à l'orateur l'intérêt qu'il pourrait y
avoir à étudier l'effet de la lumière sur d'autres mollusques, notamment
sur ceux du genrepecten, dont l'un le pecten pusio, privé de mouvement,
ne peut fuir la lumière. Il ajoute que néanmoins ces observations
exigent de se garantir de la chaleur, à laquelle l'animal est très sen-
sible. — M. Dubois répond que pour se préserver des effets de la cha-
leur, il a toujours eu soin de se servir d'une bulle d'alun. D'autre