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               LR PORT-SA1NT-LOUIS DU RHONE                451
 portent 20 millions de tonnes, contre 82 millions livrés aux
 30,000 kilomètres de nos voies ferrées; soit, que le kilo-
 mètre de voie d'eau transporte encore la moitié du tonnage
 que reçoit le kilomètre de voie ferrée. La navigation n'est
 donc pas une concurrence méprisable, une quantité négli-
geable ; .et c'est à elle surtout que le pays est redevable des
tarifs minima à 2 cent. 2 et 2 cent. 5 consentis par les
chemins de fer dans les zones concurrencées par leur
rivale; c'est là le seul régulateur qu'il nous reste contre les
fantaisies des Compagnies de chemins de fer; et l'on s'expli-
que bien pourquoi la Compagnie de Lyon n'a rien fait, au
contraire, pour aider le Rhône et sa batellerie à se transfor-
mer et à se relever...
   Marseille n'a pas fait meilleur accueil au nouveau port :
avec son excluvisme de clocher, elle n'a pas vu le parti
qu'elle pourrait tirer de cette annexe placée à deux heures
de distance, lui permettant d'envoyer ses navires se déchar-
ger directement dans un bateau du Rhône, en supprimant
une nouvelle rupture de charge et un double transborde-
ment; c'était un dérangement à une routine séculaire,
c'était la suppression d'intolérables tributs payés aux cor-
porations parasites qui se partagent tyranniquement les
opérations du port de Marseille !
   On n'épargna rien pour compromettre ou ruiner la créa-
tion naissante ; mais cette hostilité, plus ou moins habile,
de Marseille a trouvé sa récompense : Saint-Louis ne s'est
pas, il est vrai, promptement développé ; mais le commerce
extérieur a eu le temps de se lasser des exigences mar-
seillaises; il a pris, en conséquence, un peu le chemin de
Cette, ce qui n'est pas un très grand malheur, mais bien
davantage celui de Gênes, de Trieste et d'Anvers, ce qui
est un désastre complet ! Et finalement, nous ne sommes