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                     PEINTRE LYONNAIS                    325

pas dans l'usage de commander au même artiste deux
ouvrages à la fois. L'objection fut facilement levée.
Mme Oppenheim faisait elle-même les frais de cette pein-
sure, et ce n'était pas au choix de Dumas que le ministère
pouvait faire objection.
   En effet, huit jours à peine écoulés, la commande arri-
vait à l'atelier de la rue des Saints-Pères. Cette circonstance
de la vie de Dumas nous a remis en mémoire les paroles
qui terminaient le beau et touchant discours que M. Aynard,
président du Conseil d'administration de l'École des Beaux-
Arts, a prononcé sur sa tombe : « Sa grande joie a été sa
direction. Nous avions été le chercher, car, dans sa modes-
tie, il ne se serait pas offert. »
   Les peintures murales de la Trinité occupent deux
parois, et représentent la Pieta et la Vierge consolatrice. Les
figures sont de proportions au-dessus de nature.
   La Pieta. — C'est une peinture d'une grande et belle
tournure, qui présente un ensemble harmonieux et grave,
digne du sujet. La composition, d'un aspect clair et tran-
quille, est largement et heureusement disposée. Les deux
têtes sont fort belles, et peintes avec beaucoup de soin. La
Vierge est d'une pâleur et d'une expression navrantes. Le
corps de son fils, qui conserve encore toute sa souplesse,
est étendu sur ses genoux. Ce corps présente de belles
lignes, très habilement suivies, et ménagées avec beaucoup
d'art; on reconnaît là l'auteur du Christ en croix. De sa
main gauche, la Vierge soutient le corps de son fils ; de
l'autre elle tient, comme machinalement, la couronne
d'épines. Le manteau, d'un bleu pâle, donne à la figure
quelque chose de limpide, qu'on n'est pas habitué à ren-
contrer dans une Pieta. La plupart des artistes qui ont traité
ce sujet, la fin du grand drame de la rédemption, ont